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  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du moment : La Fête du Travail, fêtée le 1er Mai.  undefined
La Date du moment : Le 11 avril 1995, L'ouverture au public de la Cathédrale d'Evry.   
Le Mythe du moment : Prométhée, mythologie grecque.  
Le Billet du momentDu Plaisir de Vivre dans une Commune à la Ruralié Prononcée, ou comment rendre hommage à nos campagnes...  
Le Jeu du moment : Trouver 10 voix qui, si elles avaient parlé à Jeanne d'Arc, auraient fait que la France reste anglaise... Vous avez jusqu'au dimanche 11 mai, midi... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires...

Jeudi 1 mai 2008

 

Mes amis, aujourd’hui, 1er mai, nous fêtons le travail, nous fêtons saint Travail ! Et oui, que voulez-vous, le travail a droit de citer dans notre calendrier, et rien de tel qu’un jour chômé pour lui faire sa fête en toute bonne mesure… Ainsi, tous les travailleurs de notre doux pays s’assemblent en ce jour béni par Dieu, pour rendre hommage au travail, tout en glandant pendant une journée pleine et entière, tandis que Dieu, de son côté, est ravi de voir que tous ses protégés savent rendre grâce pour les bienfaits qu’il a créés, notamment le travail… Pourtant, au départ, Dieu n’avait pas franchement créé le travail pour faire plaisir aux gens, c’était même une sorte de punition, une punition divine infligée aux premiers occupants de notre douce planète, parce que Dieu, ils l’avaient un peu gonflé. Mais revenons plutôt au commencement de cette histoire…

Et « au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » Genèse 1,1. Genèse 1,1… Euh… Attendez, là, je crois que je suis remonté un peu trop loin dans l’histoire… Alors, voyons voir… La suite… le ciel et la terre blablabla… le jour et la nuit blablabla… il créa l’homme à son image blablabla… le septième jour, il glande blablabla… Ah, ça y est, voici le bon passage : le moment où Dieu fait quelques recommandations à Adam et Eve dans le jardin d’Eden :

« Bon, bande de troufions ! Voilà, ça y est, j’ai créé les hommes, et je vous offre un monde tout beau et tout propre pour que vous puissiez vous y balader à poil et à loisir ! Dans ce joyeux monde d’Eden, tout vous est offert, tout vous est permis, même la sodomie ! Par contre, vous voyez le pommier, là-bas ? Interdit d’y toucher ! Les pommes, c’est pour ma poire, alors interdiction formelle d’en becqueter, hein ? Et puis de toute façon, les pommes, ça refile des coliques… Alors vous n’y touchez pas, et allez baiser ailleurs ! »

Dociles, les deux premiers êtres de notre humanité s’étaient donc éloignés du pommier et commençaient à s’atteler à la tâche que leur avait confié Dieu, quand était arrivé le serpent. Le serpent, il faut dire qu’il avait un peu l’âme d’un voyeur, et ça faisait un sacré bout de temps qu’il reluquait la croupe d’Eve. Alors une fois le coït terminé, il s’était approché de la jeune femme et avait trouvé le moyen pernicieux de la convaincre d’aller jusqu’au pommier. En plus de ça, le serpent, il en voulait encore à Dieu de ne pas lui avoir fait de pieds, alors il voulait se venger.

Bien évidemment, Eve, cette gourdasse, s’était exécuté. Elle trouvait sympa l’idée de rapporter des pommes à son mari, mari qui avait d’ailleurs goûté sans vergogne aux fruits défendus. Mais là, juste là et à cet instant précis, ce fut le drame... En fait, il faut savoir que Dieu avait installé une sorte d’alarme sur son pommier, histoire d’être sûr de ne rien se faire chaparder, et dès que les fruits avaient été dérobés, un voyant lumineux s’était allumé au-dessus de bureau divin, au Paradis.

En voyant ça, Dieu entra dans une colère noire ! Ces foutus humains avaient déjà trouvé le moyen de lui désobéir ! Mais quel bande d'imbéciles ! « Alors si c’est comme ça, s’écria Dieu, je vais les punir !!! Je vais te leur sortir mon gros doigt du ciel, et ils vont apprendre comment je m’appelle ! »

Sans attendre une minute de plus, Dieu avait ainsi dépêché l’archange Gabriel au Paradis, pour virer ces deux indésirables, et pour les rejeter sans autre formalité dans la bouillasse immonde qui se trouvait à l’entrée, au-delà du paillasson avec marqué « Bienvenue » sur le dessus. Puis, était arrivée la sentence divine : « Pour vous punir, bande de sacripants et de feignasses, je vais inventer le travail ! Adam, tu devras gagner ta croûte à la sueur de ton front, et je te jure, ça va être pénible ! Quant à toi, Eve, je te réserve un travail encore plus réjouissant ! Tu enfanteras dans la douleur et le travail durera des heures et des heures, longues et pénibles, pendant lesquels tu n’entendras que la voix d’une grosse dame qui te dira « Pousse !!! ». Et, ma fille, tu pousseras, encore et encore, car je n’inventerai sainte Péridurale que dans des millénaires, tu vas en chier ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! »

Dieu avait ensuite ressorti son gros doigt du ciel pour laisser Adam et Eve dans leur nouveaux ennuis, le travail était ainsi né. Par la suite, la pénibilité du travail ne put aller qu’en augmentant avec l’âge de notre planète. A chaque fois qu’une nouvelle invention censée aider au bonheur et à l’accomplissement de l’homme était créée, à chaque fois, elle était accompagnée d’une nouvelle pénibilité du travail : la charrue et le servage, le charbon et les mines, la révolution industrielle et le travail à la chaîne, les chaussures Nike et les petits coréens.

Mais il semble, en fait, que l’homme se soit habitué au travail et qu’il développe avec lui un certain rapport de soumission masochiste ! En effet, si le travail fait si mal que ça, pourquoi l’homme s’évertue-t-il à en vouloir un coûte que coûte ! Pourquoi descend-il dans la rue, hurle-t-il sa haine et bloque-t-il les universités, pour réclamer du travail ? Pourquoi n’a-t-il que le travail en tête, en cette période de baisse du pouvoir d'achat ? Et, dernière question, si Dieu a créé le travail en guise de punition, pourquoi les hommes, quelques millénaires plus tard, déclarent-ils que le travail est saint et qu’il faut le fêter tous les ans le 1er mai ?

Méditez donc là-dessus, chers amis, chers lecteurs, devant votre brin de muguet et vos doigts de pieds en éventail, en ce jour divinement chômé… Et ne vous en faîtes pas, même si demain, ce n’est plus le 1er mai, le travail, en fait, c’est tous les jours sa fête…

Voir la vie de sainte Alida
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par Ephemeridiae publié dans : Saintes Chroniques communauté : Au fil des mots
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Mardi 29 avril 2008

Rennes, Lyon, Marseille, Paris, Reims, Toulouse... Les noms font rêver quand on est adepte d'urbanité. Les voitures vocifèrent, les gaz d'échappement fendent l'air, les lumières brillent et scintillent, l'ambiance sonore s'égaie dans des décibels assumés et le bruit s'engouffre, il envahit l'être, le pénètre et transpire de lui dans une conjonction diabolique d'odeurs et de sons. Le citadin aime l'agitation, le mouvement, le danger, la ferveur et la fureur... Il craint le calme et la tranquillité, la couleur d'un ciel étoilé un soir de pleine lune, les petits oiseaux qui chantent et surtout l'air pur... Ca le rend nauséeux.

Alors, quand le citadin s'échappe de son havre de paix et d'amour de la maladie mortelle patente et sous-jacente, quand il découvre un monde à sa portée mais auquel il ne voulait songer, quand il comprend qu'on peut vivre dans un ailleurs qui ne lui ressemble en rien, il gamberge, il s'interroge, se questionne et se creuse la cervelle, il se déplace, veut se rendre compte de ses propres mirettes, puis il aligne, il conspue, il crache et retourne dans son canapé, pour peu qu'il en ait réellement bougé.

Le citadin exècre la campagne quand elle sort des cartes postales, il se complaît à ridiculiser son petit nom, sa densité, sa population et les bars qu'elle fréquente, tandis qu'il s'étonne allègrement du fait que chez les ruraux, oui madame, on connaît l'électricité, qu'on a même la télé, et que bien souvent, on l'éteint pour vaquer à des occupations certainement plus passionnantes...

Car vivre dans une commune rurale, c'est une expérience unique, un plaisir certain, un enrichissement inaltérable ! Vivre dans une commune rurale, c'est connaître le chant du coq, le glas des églises, l'entraide et la solidarité, le voisinage investi dans votre vie, le facteur et ses étrennes, l'idiot du village et l'épicerie-dépôt-de-pain-tabac-chaussure-pmu-agence-de-voyage-relais-caf-voyante-podologue dont l'ouverture hebdomadaire sait attirer les foules...

La ruralité est très certainement une expérience fascinante : Pas de voitures qui hurlent à la mort, pas de néons qui clignotent à longueur de nuitée, pas de demoiselles qui arpentent les trottoirs, légèrement vêtues ; juste les tracteurs, les vaches et les coquelicots. Les ruraux vivent simplement, ils n'ont pas besoin de toutes ces choses de la ville, de ce côté bling-bling qui remplit l'existence des joyeux urbains... Ils sont de la France d'En Bas et ils l'assument, ils se mouchent dans des carrés de tissu, ils déjeunent à la grande cuiller, ils font du potage même en été et reconvertissent leurs étables en chambres d'hôte... Ils sont heureux, tout simplement.


Alors toi, lecteur assidu de charmant blog à éphémérides, toi, le fanatique de la vie en cité, prends ma main et viens ! Viens découvrir la campagne, la vraie, ses champs et ses blés ! Viens t'ébaudir entre les vaches et les lapins, sauter guillerettement, d'une fleur à une autre, sans souci du temps qui passe ! La ruralité est à ta portée, il ne te suffit que de la saisir ! Car moi, je t'invite, qu'il s'agisse de Torcé-les-Bouses, de Vélampouille-sous-Belon, de Mirmide-le-Noyau ou de Piscafaille-la-Bataille ! Je veux que tu me rejoignes et que tu découvres, enfin, ce qu'est le plaisir de vivre en toute ruralité...

Le matin, aux aurores, tu pourras t'éveiller, sortir de ta maison de pierre fendue du toit au plancher et revêtir ta tenue de Cathy la petite fermière ! Armé de ton seau en fer, tu pourras t'approcher d'Hortense, la vache à pois blancs, à qui tu pétriras le pis d'avant en arrière pour en faire sortir son divin nectar ! Puis tu t'occuperas des poules et des canards, des cochons et des moutons, de la grand-mère et des dindons, sans oublier de porter tes oeufs au commerce du village, afin de les troquer contre des denrées de première nécessité...


Ces travaux effectués, tu pourras alors profiter pleinement de ton insertion rurale et joyeuse... Je t'emmènerai voir les arbres, visiter les clairières, te baigner aux fontaines, puis, tous deux, nous pourrons courir, nus et chantants, d'une fleur à l'autre, d'une abeille à l'autre, d'un bosquet à l'autre, saluant Bambi et sa mère décédée, les papillons multicolores, les éléphants au vol en rase-motte et les diptères flatulant au vent !


Nous nous égaierons devant le terrier de ce petit lapin bleu aux oreilles rougeoyantes, qui aime à courir dans la forêt ! Nous irons à la chasse à la morue des mares, armés du harpon ancestral que mon père m'a transmis à la suite de son père et du père de celui-ci ! Puis, nous cuisinerons, dans les bois, dans les prés, les vallons et les vallées que nous dévalerons à toute volée sans même se soucier du regard derrière la fenêtre d'en face, parce qu'à la campagne, il n'y a jamais de fenêtre en face !!!

 


Les vieux nous salueront de leurs galures levées, les vieilles s'amuseront de nos envies passagères, quant aux gosses, ils nous rejoindront dans nos combats de bouses de vaches au principe très simple : trouver une bouse de vache, la plus belle possible, la prendre en main, la peser, la jauger, la juger, puis faire avec un mouvement de balancier afin de la propulser loin, très loin, et de préférence à la figure de son partenaire de jeu...

Que d'expériences, dans la ruralité, que de choses qu'on ne peut apprendre en restant face à un DVD ! Laisse donc tomber ton canapé poussiéreux, ami lecteur, et viens goûter enfin à la joie pure et simple, au bonheur sans fioriture, à la cambrousse, pour franchement parler !


Quant à moi, je t'attends, bouteilles à la main et drôles de cigarettes aux lèvres... J'ai la recette, je la connais, je sais les méthodes pour te faire découvrir les vraies joies de la ruralité ! Je te guiderai, te dirigerai et t'apprendrai l'essentiel ! Grâce à moi, d'accord, tu seras peut-être raide dingue défoncé, mais je te l'assure, il n'y a bien que comme ça, qu'on peut vraiment apprécier de vivre dans la ruralité.


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : Les mots dans tous leurs états
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Samedi 26 avril 2008

 

Alida… Sainte Alida… Amis lecteurs, vous l'avez remarqué dans le titre de la chronique, aujourd’hui, le saint du jour, c’est… Alida… Non, non, je ne me moque pas de vous… Allez donc vérifier dans votre calendrier le plus proche… Non, pas celui-ci, il a les pages toutes collées… Allez plutôt voir celui avec les petits minous dessus… Là… Ca y est, vous avez repéré ? Vous voyez que je ne vous raconte pas des cracks ! Aujourd’hui, samedi 26 avril, c’est bien Alida qui doit être fêtée…

Bon, personnellement, des Alida, je n'en connais pas bézef… Je connais bien une Azéline, une dizaine de Julien, deux ou trois Prisca et même une Conversion de saint Paul, mais Alida, il faut avouer que c’est quand même pas commun, comme prénom… Alors… ? Qu’est-ce que ça peut bien faire dans le calendrier ? Pourquoi ce prénom s’est-il immiscé à la date précise d’aujourd’hui ? Pourquoi donc, en ce jour, fêtons-nous les Alida ? Vaste question insoluble, mes amis, vaste et sempiternelle question même, dont la réponse tournoie sans cesse dans une mélasse verbeuse et sympathique, dont on ne comprend plus grand chose… En gros, c’est pas très très clair… Je dirais même plus, il y a magouille là-dessous, c’est un peu louche, comme histoire…

Et justement, j’ai fait quelques recherches – puisque vous savez tous que je travaille de manière très ardue, pour cette sainte chronique sur ce très sympathique blog à éphémérides – et au cours de mes pérégrinations archivistiques, j’ai enfin pu trouver la solution… C’est normal que le patronyme de notre sainte du jour soit un peu louche… Alida, c’était justement une louche !

Et oui, que voulez-vous, on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas non plus les tiroirs de cuisine, de la salle à manger où on va se faire ranger… Être mis quelque part… Être mis quelque part, c’est partir quand on veut, revenir quand on part… Mais là, je m’égare… Revenons plutôt au XIème siècle, dans la cuisine de la Mère Rondel, où sur le mur est accrochée notre louche Alida, entre un fouet et une écumoire, alors que tout le monde dans la pièce chante en choeur ce titre mondialement connu : « Nathalie, mon amour des JMJ… »

Ca ne fait pas si longtemps qu’Alida est arrivée dans cette cuisine, mais l’ambiance lui plaît bien ! Elle aime voir la batterie de cuisine se mettre à chanter, dès que la Mère Rondel a le dos tourné ! Tous ensemble, les poêles, les marmites, les couteaux, les petites cuillers, tous chantent à ne plus pouvoir s’arrêter, car c’est bon pour le moral de travailler de concert, ça fait rire les oiseaux, ça fait chanter les abeilles, ça rajoute même des couleurs aux couleurs de l’arc-en-ciel...

Alida, elle les regarde tous chanter, mais elle n’ose essayer, trop timide, pas assez intégrée, trop… Alors que pourtant, il y a Jean-Jacques… Jean-Jacques, c’est le gros couteau à steak, qui lui répète sans cesse le même refrain, qu’il faut qu’elle essaie, qu’elle se lance, qu’elle soit tout pour la musique, mais Alida hésite encore…

En plus, il faut dire que Jean-Jacques, il est quand même un petit peu intéressé… Il y en a même, dans la cuisine, qui racontent qu’il a le béguin pour la louche… Alors… A chaque fois qu’il se rapproche d’Alida, il y a toujours un couillon pour se mettre à chanter qu’arrive là J.-J.… J.-J., l’amoroso… Alida, elle laisse dire, parce qu’elle l’apprécie bien, ce grand couteau à steak, et peut-être qu’avec lui, elle pourrait vivre une idylle, une passion, ou tout du moins, elle espère qu’il y ait un beau roman d’amitié qui commence entre eux deux… Ah… La fragile adolescence où tout n’est qu’un jeu… Notre louche s’émeut… Il vient d’avoir 18 ans, il est beau comme un enfant, fort comme un homme… C’est beau comme du Françoiz Breut…

Et il veut qu’elle chante, son couteau à steak, alors elle va le faire, Alida ! De toute façon, elle ferait tout, tout pour son chéri… son chéri… La louche s’avance timidement, se racle la gorge, demande le silence, mais les ustensiles de cuisine ne lui prêtent guère d’attention, occupés qu’ils sont à danser la macaréna, tous en cercle… Alida lève le doigt, espère qu’on la repère, mais du côté des ustensiles, c’est la chenille qui redémarre, alors il y a autre chose à faire…

Mais ??? Mais alors ??? Personne ne m’écoute ??? La louche est dépitée, écoeurée, mais il n’y a donc vraiment personne pour l’écouter ! La rage s’empare d’Alida : « Sans blague, mais laissez-moi chanter, laissez-moi !!! Laissez-moi chanter, danser, en liberté, tout l’été, laissez-moi chanter, merde !!! » Les ustensiles arrêtent la chenille pour observer la louche. Elle est en robe de soirée, au centre de la table, elle a un micro à la main, une boule à facette descend au-dessus de sa tête, et la louche chante, elle chante à la louche, elle louche et elle chante ! Elle veut montrer son organe à tous ses collègues de cuisine ! Oui, elle-aussi, elle est bonne à chanter ! Oui, elle-aussi, elle peut le prouver, et pendant toute la soirée, la louche chante, chante, danse et met ses baskets, alors que l’ensemble de la batterie de cuisine ne peut rien faire d’autre que l’applaudir à toutes volées...

Ainsi, mes amis, en une soirée et en un tour de chant, c’est comme ça qu’une louche du nom d’Alida a pu se faire accepter et servir, elle-aussi, sa soupe indigeste au public fidèle et nombreux de la cuisine de la Mère Rondel…

Alors, oui, je suis d’accord, cette histoire n’explique pas pourquoi aujourd’hui, 26 avril, on fête dignement les Alida, mais après tout, quand on a entendu une belle histoire de louche, comme ça, est-ce qu’on a vraiment envie de le savoir ? Allez, amis lecteurs, réfléchissez-y et n’hésitez pas à revenir méditer encore et encore… sur ces quelques… paroles… paroles… paroles...


Voir la vie de saint Jean-Baptiste de La Salle
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par Ephemeridiae publié dans : Saintes Chroniques communauté : Adoptez un mot!
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