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  • : Ephemeridiae - Le monde au bout d'une éphéméride
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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  • Deux Milliards d'Histoires : L'Histoire revue et corrigée par les bons soins de l'auteur
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour à la sauce humoristique, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du moment : Saint Hubert, fêté le 3 Novembre.  
La Date du moment : Le 23 Novembre 1889, L'Installation du premier Juke-Box.   undefined
Le Mythe du momentMélusine, mythologie populaire.    
Le Billet du momentRimaillage n°10, Un truc rond et un truc carré.  
Les 10 du moment10 choses qui pourraient rendre absolument merveilleuse la vie du Petit Lapin Bleu...

Souvenez-vous (c'était sur Ephemeridiae) : 
     La Mort, ou comment n'importe qui peut avoir un coup de mou...
     Le 28 novembre 1789, La Présentation de la Guillotine à l'Assemblée Constituante.
     Ishtar, mythologie mésopotamienne.

Et n'oubliez pas d'aller voir le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires... [Tout sur l'auteur, ici]

Lundi 23 novembre 2009 1 23 11 2009 22:40

                              Le 23 Novembre 1889
                       L'Installation du premier Juke-Box

Certaines dates, dans l'Histoire, sont là pour marquer les consciences, et le 23 Novembre 1889 en fait bien justement partie. Ce jour précis, mes amis, la musique a trouvé un nouveau moyen d'être diffusée ; les bars et autres cafés ont trouvé une nouvelle façon de faire guincher la populace heureuse et fébrile ; un nouvel objet a su se rendre culte et impressionner les esprits de nombre de générations ; puisque le 23 novembre 1889, c'est le jour de l'installation du premier Juke-Box, dans un bar de San Francisco.


Et il faut le dire, amis lecteurs assidus de ce joyeux blog à éphémérides ou tout simplement de passage, installer ce premier juke-box n'a pas forcément été des plus faciles, la musique n'étant pas, en 1889, une chose qui allait de soi... Il faut même dire ici que dans les troquets de San Francisco, écouter de la musique, à l'époque, c'était presque un sacrilège ! Dans les esprits, ça faisait chochotte, d'aller écouter son petit récital en redingote et bottes cloutées, ça faisait mémère qui passait son temps à siroter du thé-beignets en commentant les rumeurs du village, et surtout, ça ne faisait pas homme, mâle, rustre et velu, le minimum vital pour bien se tenir en société à San Francisco en 1889...


Car la clientèle des bouges du bled était bien justement une espèce de faune virile et fière de sa mâlitude, qui rotait, éructait, pétait, crachait, selon l'humeur, l'envie ou encore la situation. La seule musique que ces hommes osaient supporter était le pianiste qui animait leurs longues parties de cartes à jouer... Et encore, le pianiste n'était toléré que parce que c'était justement généralement lui qui se prenait les balles perdues lors de la contestation d'un point ou la découverte d'une tricherie caractérisée.


Alors quand Louis Glass et William S. Arnold s'étaient présentés la première fois dans un bar, pour exposer le projet qui leur tenait à coeur – un phonographe doté d'un mécanisme à pièces pour jouer de la musique dans le bistrot sus-cité – l'accueil avait été pour le moins frileux, voire même carrément glacial. Pourtant, les deux inventeurs étaient sûrs de leur coup ! Ils pensaient qu'installer une machine qui jouerait de la musique dans un bar selon les envies des clients, ça plairait à la population ! La musique n'adoucit-elle pas les moeurs ? N'est-elle pas, quelque part, l'un des ciments de toute société en devenir ? Il semblait que non, puisque très vite, les deux hommes avaient été enduits de goudron et de plumes, et raccompagnés jusque la frontière de la ville, sans autre forme de procès...


Pendant des mois, les deux inventeurs tentèrent de placer leur produit dans tous les bars possibles de la ville de San Francisco, mais à chaque fois, l'accueil était le même : le juke-box rebutait, les clients râlaient, le tavernier rechignait, et le supplice reprenait, au grand dam de Glass et Arnold, mais pour le plus grand profit de leur blanchisseur attitré.


Jusqu'à ce jour que nous fêtons aujourd'hui, le 23 novembre 1889. Les deux inventeurs étaient désespérés, sur le point de lâcher l'affaire et cette idée qu'ils trouvaient pourtant si bonne. Ils n'en pouvaient plus de se faire rejeter, goudronner, plumer et ridiculiser, mais ils voulaient tout de même – et ce par acquis de conscience – faire un dernier essai.


Il y avait, en effet, un établissement qu'ils n'avaient pas encore eu l'occasion, le courage voire le culot d'essayer, le « Hamburger sauce blanche », club échangiste ouvert à tout pour cow-boy esseulé, partageur, sado-masochiste, voyeur, fétichiste ou adepte de sensations fortes.


C'était timidement, que les deux inventeurs avaient poussé la porte de l'établissement, et encore plus penauds, qu'ils avaient présenté leur projet à Hortense/Gérard le tavernière du « Hamburger sauce blanche ». Pourtant, pour la première fois depuis des mois, leur client potentiel sembla vraiment intéressé par le projet du juke-box dans son établissement. Hortense/Gérard trouvait en effet que ça manquait d'animation, dans son club. D'accord, il/elle organisait régulièrement des soirées rodéos en tournante sur le destrier amovible du deuxième sous-sol, des parties de colin-maillard avec menottes et cuissardes, ou encore des revivals cotillons et bottes de foin avec broutages dans les prés et labours dans le champ du voisin, mais il/elle avait besoin de renouvellement.


Le juke-box était justement ce qu'il lui fallait pour apaiser son secteur masochiste. Les citoyens de San Francisco avaient en telle horreur la musique, que ceux qui voulaient se faire mal pour pas cher pouvait s'infliger, lors de longues soirées, les sons dispensés par cette machine de la mort, enluminée pour l'occasion de couleurs chatoyantes et de reflets chromés.


Au « Hamburger sauce blanche », le juke-box fut très vite un succès. Les gens se pressaient pour subir volontairement cette musique qu'ils détestaient, et peu à peu, ils s'habituèrent à entendre de la musique dans cet endroit, en réclamèrent un peu partout, ailleurs dans la ville, et firent doter tous les cafés de San Francisco des juke-box et de leurs musiques endiablées, au point que Glass et Arnold amassèrent près de 1000 dollars en tout juste six mois d'exploitation.


Grâce aux deux inventeurs, la musique s'était libéralisée, elle s'était rendu accessible à tout un chacun, suivant ce précepte mis en place à cette occasion : un gars qui paye et tous les autres qui en profitent. A travers les années et jusque nous, la musique a suivi ce précepte à présent bien rodé, trouvant sans cesse des parades aux pare-feux, barrières et projets de lois tous plus farfelus les uns que les autres, mais de cela nous ne parlerons pas aujourd'hui, car ce n'est qu'une autre... de nos Deux Milliards d'Histoires...


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Par Ephemeridiae - Publié dans : Deux Milliards d'Histoires - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 07:00

 

Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des légendes populaires, à la rencontre d'un être un peu mi-figue, mi raisin ; à la découverte d'une créature au charme divin ; au contact d'une femme qui pouvait passer jusque des heures dans son bain ; puisqu'aujourd'hui, dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir de Mélusine.


Mélusine... Le charme et la grâce incarnés... La douceur et la tempérance... L'appel au stupre et à la luxure au vu des courbes callipyges de la dame... Et pourtant... Pourtant, Mélusine était maudite, ensorcelée, houspillée. Elle portait sur elle l'opprobre d'une mère trop à cheval sur ses valeurs, et le payait de manière hebdomadaire, ne pouvant rien y faire.


Tout était parti d'une bête histoire de vengeance. La père de Mélusine n'avait pas tenu le serment qu'il avait fait à sa fée de femme de ne pas l'espionner en certaines périodes délicates de sa vie, et la mère de notre héroïne du jour avait derechef claqué la porte, ses trois filles sous le bras, elle s'était barré. Exilées sur l'île d'Avalon, les trois filles avaient grandi dans une haine du père que n'importe quel psychiatre se serrait délecté de disséquer, et avaient voulu se venger. Elles avaient ainsi enlevé, séquestré et torturé leur père, mais hélas, ça n'avait pas duré. Leur mère avait découvert le pot aux roses, et pour leur apprendre la vie, les avait sévèrement punies.


Mélusine, l'aînée, s'était retrouvée affublée d'une queue de serpente ou de poisson, à partir du nombril, tous les samedis ; Mélior, la cadette, avait été condamnée à garder sans relâche un épervier ; quant à Palestine, la benjamine, elle se vit cousu l'hymen au fil d'or et enfermée dans un château, avec trésor et dragon à la clé, et pour seule occupation, celle d'attendre désespérément le preux chevalier tout en regardant les différents candidats se faire zigouiller à essayer de la sauver.


Mélusine, de son côté, prenait assez mal sa malédiction. Encore, se changer en demi-poisson une fois par semaine, ça allait, c'était supportable... Mais pourquoi donc le samedi et pas plutôt le lundi ou le jeudi ??? Parce qu'elle avait autre chose à faire, le samedi, Mélusine ! Elle en était à un âge où elle aurait bien aimé sortir, faire la fête, exhiber son nouveau hennin à toutes ses copines en parlant des exploits chevaleresques des garçons, et au lieu de ça, le samedi, elle était privée de sortie du fait de ses transformations... Impossible, donc, pour Mélusine de faire un billard le samedi soir ou de profiter des entrées gratos pour les filles avant minuit au Macumba Club de Vélampouille-sous-Belon, impossible d'aller draguer dans les bals et de lever du Prince Charmant, le samedi, elle devait rester cloîtrée, avec pour seule activité, et mon Dieu que c'est passionnant, de prendre un bain...


Il était vrai que si l'eau soulageait le bas de son corps, elle laissait à Mélusine, outre une forte odeur de sardine bien tenace, un goût amer de solitude... La jeune fille voulait trouver l'amour. Alors elle était partie, son baluchon et sa queue de poisson sous le bras. D'Albanie, elle avait traversé les terres d'Europe, traversé les montagnes, parcouru les vallées, pour arriver, après des mois de cheminement, dans le Poitou, aux alentours de Lusignan.


Il faisait lourd, ce jour-là, et la fée était fourbue, elle n'en pouvait plus, de cette aventure... En plus, il y avait cette source, fraîche et accueillante, qui l'appelait, l'attendait, lui donnait des envies... On n'était pas samedi, mais qu'à cela ne tienne, Mélusine s'était dévêtue, et elle avait plongé.


Mélusine ne savait pas, cependant, que la source était un des points d'observation préférés de Raymondin de Lusignan. Raymondin était ce qu'on pouvait communément appelé un voyeur patenté. Il adorait espionner les gens, surtout dans leur plus stricte intimité, il aimait se cacher pendant des heures pour découvrir ce que ses contemporains faisaient à l'abri des regards indiscrets, il prenait son pied à fouiner et quand il y arrivait, très vite, son oeil se mettait à friser...


Raymondin connaissait tous les stratagèmes, toutes les techniques les plus expérimentées de voyeurisme professionnel, et il collectionnait en son esprit paires de fesses, paires de seins et autres paires de roubignoles. Il aurait certainement pu rédiger une encyclopédie sur le sujet.


Sauf que là, Raymondin était subjugué par cette jeune fille qui prenait son bain. Elle était belle, magnifique, sublime, les mots lui manquaient tant sa beauté l'époustouflait, si bien qu'au premier regard, il l'avait aimé. Alors il s'était élancé et, peut-être de manière un peu cavalière, il lui avait demandé de l'épouser. Mélusine, amusée, avait accepté, mais à une condition : le samedi. Le samedi, c'était son jour à elle, celui où elle pourrait rester seule dans ses appartements sans que personne, même lui, ne vienne l'importuner, ne cherche à la voir, ni même à l'entrapercevoir... Raymondin était prêt à tout accepter, et deux jours plus tard, ils étaient mariés.


Les années passèrent et Raymondin tint la promesse faite à sa femme. Il sut mettre de côté ses pulsions voyeuristes et, profitant des six autres jours de la semaine, il fit 10 enfants à Mélusine. La fée pensait avoir trouvé la vie la plus belle possible...


C'était sans compter sur les quelques potes de beuverie de Raymondin. Car tous les samedis, pour s'occuper, pour oublier, Raymondin allait s'encanailler au bar PMU du bourg de Lusignan, et chaque semaine, il y refaisait le monde avec les piliers de comptoir. Les poivrots, eux, s'interrogeaient de plus en plus, au sujet de Mélusine, au point même d'en aiguiser la curiosité de Raymondin... Que pouvait-elle bien faire le samedi ? Voyait-elle en secret d'autres hommes ? Pire... S'adonnait-elle à quelque acte de sorcellerie ?... C'en était trop ! Raymondin avait besoin de voir, il avait besoin de savoir...


Le samedi suivant, Raymondin ne se rendit pas au bistrot du coin. Il resta dans dans son château. La curiosité le tenait, le dévorait et l'homme se rapprochait irrémédiablement des appartements de son épouse. Retrouvant ses techniques passées, Raymondin entrebâilla doucement la porte, juste assez pour voir sans être vu, des années de métier... Mélusine était dans son bain, elle lui tournait le dos et semblait occupée à se brosser les cheveux, tout en se regardant dans son miroir doré. Une chose, cependant : elle n'avait plus de jambe mais une immense queue de poisson. Le détail, s'il semblait étonnant, ne troubla en rien Raymondin. Il la trouvait toujours aussi belle, toujours aussi attirante, comme au premier jour, et ce même en sirène, alors il restait à la regarder, épaté, ébahis, ravi. Quand enfin il se souvint... Il avait promis, il avait juré qu'il ne chercherait pas à la regarder le samedi, il se devait de s'en aller, en tachant de ne pas être repéré.


Quand Raymondin eut refermé la porte, Mélusine pleurait. Dans le reflet de son miroir doré, elle avait vu son mari la mater. Il avait failli à sa parole, il ne restait donc plus qu'une chose à faire, à la fée : disparaître, tout quitter, tout laisser derrière elle. Raymondin avait été trop curieux, à présent, il allait le payer, car plus jamais il ne la reverrait...


Dans la contrée de Lusignan, on garde toujours le souvenir de Mélusine, la femme-fée qui tous les samedis se transformait en sirène à l'abri des regards de son mari. On dit même qu'elle est restée hanter la région, et qu'à chaque fois que l'un de ses descendants est sur le point de décéder, elle réapparaît et vient, elle-aussi, se lamenter. Alors mes amis, levons notre verre en l'honneur de Mélusine, sirène à la vie tourmentée, et pour que son histoire survive à jamais, à mi-ton... Mythons.


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Par Ephemeridiae - Publié dans : Causerie Mythique - Communauté : Adoptez un mot!
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 00:00

Amis lecteurs, me voici l'envie de vous partager un nouveau poème réalisé dans le cadre d'un jeu d'écriture chez Nymphéa, il y a quelques temps... La contrainte, cette fois-ci : Utiliser le mot "oiseau" et ne pas utiliser le mot "pavé"...
A vous d'apprécier !

 


Un truc rond et un truc carré


Un oiseau, sur un arbre, peut parfois s'oublier
Et lâcher, de là-haut, sa terrible miction...
C'est mou, chaud et gluant, parfois ça sent les pieds,
Ca vous salit partout, c'est l'abomination !

Alors qu'en rimailleur, je me prends à mirer
La photo de ce jour, je me demande bien
Lequel des volatiles que Dieu nous a créés
A bien pu extirper ces terribles machins...

"Ca doit être une belle bête !" me dis-je en observant
Cette chiure cubique aux arrêtes acérées...
"Je veux bien voir son cul, pour comprendre comment
On peut chier un tel truc sans se mettre à saigner..."

De ce truc, comme je dis, on en fait des trottoirs !
M'a-t-on vite annoncé, comme pour me rassurer...
L'animal, quant à lui, ne marche qu'en canard,
Avec un tel transit, l'inverse m'eut étonné !...

Depuis lors quand je pose mes pieds sur la chaussée,
Mon esprit ne peut que penser au volatile
Qui sait chier du caillou sans se faire transpercer...
Il peut prendre ma place, j'ai l'anus trop fragile...


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Par Ephemeridiae - Publié dans : Billets et diatribes - Communauté : Au fil des mots
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