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  • : Ephemeridiae - Le monde au bout d'une éphéméride
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour à la sauce humoristique, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

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Les 10 du moment10 bonnes raisons de mettre une Tarte à sa Boulangère... 

Souvenez-vous (c'était sur Ephemeridiae) :
 

  Sainte Thérèse, fêtée le 1er Octobre.

  Le 28 Septembre 1066, Guillaume le Conquérant débarque en Angleterre.

  10 bonnes raisons de préférer Fernande à Samantha.

Et n'oubliez pas d'aller voir le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires... [Tout sur l'auteur, ici]

Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 15:21

 

sodome 5Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au cœur des légendes bibliques, à la découverte d'une ville de péchés ; à la rencontre d'une cité au stupre et à la luxure exacerbés ; au contact d'un lieu que Dieu souhaitait tout bonnement éradiquer ; puisqu'aujourd'hui, dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir de Sodome, la ville aux mille péchés...

Car à Sodome, et il faut le signaler d'emblée, à l'époque, on savait s'amuser, on savait s'encanailler. Des maisons closes aux poitrines délassées, des éphèbes demi-nus aux pervers édentés, de l'aristocrate à l'idiot du quartier, partout ça forniquait, ça fouillait, ça farfouillait, ça couchait à tout va, et ce, au plus grand plaisir des Sodomois.

sodomeIl y en avait un, tout de même, à qui ça ne plaisait pas plus que ça, c'était Dieu. Du haut de son petit nuage, au Paradis, il observait les déboires des habitants de cette cité de débauche et commençait à fulminer. Pourquoi ces gens passaient-ils leur temps en orgies débonnaires ? Pourquoi semblaient-ils autant aimer le vice et le péché ? Pourquoi n'utilisaient-ils pas plutôt, tout ce temps pour le prier ? Il fallait qu'il mène son enquête et pour cela, il dépêcha deux de ses meilleurs anges, du service des Renseignements Généraux.

Gérard et Maurice, les deux anges en question, savaient y faire pour collecter les infos. Déjà par le passé, ils avaient monté tout un dossier sur les vicissitudes du monde, et avaient réussi à le faire noyer sous un déluge de 40 jours, sauvant tout de même une paire de chaque espèce, histoire de repeupler. En sauver quelques-uns, c'était leur marque de fabrique. Ça permettait d'inscrire le fait dans l'Histoire et les mémoires, tout le monde retiendrait les enseignements, et on en reparlerait pendant des millénaires.

sodome 3Et à Sodome, une famille se démarquait bien justement des autres, celle de Loth. Marié, deux enfants, une tortue, un poisson rouge, Loth essayait de vivre le plus pieusement possible, tentant d'échapper à toutes les propositions indécentes de ses concitoyens de Sodome. Il exhortait également sa femme et ses filles à suivre les mêmes préceptes, mais force était de constater que pour conserver la vertu de tout le monde, le mieux était de rester cloîtré, ce que Loth faisait.

Gérard et Maurice vinrent donc directement chez Loth, afin de prendre leurs premiers renseignements et le saint homme leur expliqua les mœurs du cru. « Ici, expliquait-il, tout le monde couche avec tout le monde. Les hommes avec les femmes, les femmes avec les hommes, mais surtout les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes, les chiens avec les chats, les lapins avec les rats, les grillons avec les poulpes, les vaches avec les gnous, ça couche vraiment partout. Impossible de faire trois pas sans tomber sur une union contre nature ! » Et Loth de narrer aux deux anges les affres burlesques, cocasses et surtout sexuels de ses concitoyens avec force détail.

sodome 2Gérard et Maurice n'en croyaient pas leurs oreilles. Comment pouvait-on être à ce point dépravé ? Comment ne pouvait-on pas respecter les mœurs les plus communément acceptées ? Quel plaisir à ces unions contre-nature ? Les anges s'interrogeaient et se devaient de faire une inspection des différents quartiers de la cité...

Mais à peine avaient-ils franchi le seuil de chez Loth que déjà les sodomois venaient les trouver. Il y avait cet homme au regard lubrique, qui leur proposait un peu d'argent et la chaleur d'un lit, ces deux jeunes qui les invitaient à une soirée « toge free » dans un bar de la cité, ce chien qui commençait à les renifler, cette vieille qui voulait prendre l'ensemble de leurs mesures pour leur tricoter des effets intimes pour l'hiver, cette dame qui voulait absolument les avoir pour le souper, ce lapin qui venait se frotter à leurs chevilles, ces deux enfants qui déjà les pourchassaient, et même ce ver de terre qui essayait de faire l'amour à leurs orteils à travers leurs sandales. Au bout de quelques instants, les deux étaient obligés de fuir, tant ils se faisaient harceler, courser, arracher leurs vêtements, il ne leur restait plus qu'à s'envoler.

sodome 4Très vite, ils revinrent faire leur rapport à Dieu et lui suggérèrent de tout simplement raser la cité et ses habitants, à l'exception de Loth et sa famille, qu'ils prévinrent aussitôt de s'en aller... Dieu, bien content de sortir son gros doigt du ciel pour lancer une calamité, accéda à la proposition des deux anges, et en profita, pour raser, par la même occasion, Gomorrhe, le village d'à côté, mais ça, juste pour le plaisir.

Quant à Loth, il fut épargné avec ses deux filles. Sa femme, elle, avait voulu rester regarder la destruction de la cité, et, en punition, en avait été transformée en statue de sel... D'un autre côté, elle l'avait bien cherché.

Alors mes amis, levons nos verres en l'honneur de Sodome, la ville du péché libidineux rayée de la surface de notre Terre, parce que ses mœurs ne plaisait pas à tout un chacun, et pour que son histoire survive à jamais, à, mi-ton... Mythons.

loth

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Par Ephemeridiae - Publié dans : Causerie Mythique - Communauté : Au fil des mots
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Lundi 12 avril 2010 1 12 /04 /Avr /2010 07:30

julesJules… Saint Jules… Aujourd’hui, mes amis, dans cette sainte chronique, nous allons nous attacher à un concept bien difficile à cerner, à un truc un peu compliqué, à une chose sur laquelle les théologiens s’arrachent les cheveux depuis des centaines d’années, et saint Jules le premier, puisque aujourd’hui, et ce pendant les quelques prochains paragraphes, nous allons essayer de délimiter le concept de Trinité. Et oui, amis lecteurs assidus de ce sautillant blog à éphémérides, en l’honneur de la Saint-Jules, nous allons parler de la Trinité, notre saint du jour étant celui qui s’est farouchement battu pour que ce concept entre dans les consciences collectives.

Mais d’abord, mes amis, la Trinité, qu'est-ce que c'est ? Vaste question que longtemps saint Jules s’est posé… Longtemps, il l’a tournée et retournée dans les tréfonds de sa cervelle… Longtemps, il a cherché, ressassé, fouillé, pour enfin arriver à cette solution : la Trinité, c’est l’ancêtre du concept 3 en 1... Exactement, mes amis, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, c’est le même combat que la lessive Saint-Marc : prélavage, lavage et adoucissant !

Par contre, mes amis, cessez de suite ce début de ricanement que je vois poindre derrière vos écrans respectifs… Je vous le dis ! La Trinité, c’est tout comme la lessive : trois produits différents et distinctifs, concentrés en une seule entité !

jules 2Tenez, par exemple, le Père… Disons que c’est l’équivalent du prélavage... Si, si, le prélavage ! Le monde n’était pas encore créé, qu’il était déjà là, le Bon Dieu… Il se promenait, tout seul, dans ce vide immense et intersidéral où il n’y avait rien… Pas un arbre, pas une fleur, pas une planète, pas de mouche pour péter, pas même une grille de sudoku, rien ! Alors tout seul, il s'ennuyait, il avait tout à inventer, tout à faire en premier… tout comme le prélavage ! Sauf que les tâches, dans cet exemple, c’est plutôt Dieu qui les avait faites…

Alors pour nettoyer tout ça, il a dû envoyer son fils, pour s’en occuper. Non, parce que les hommes, ils étaient bien gentils, avec leur sourire de morue avariée sur la trombine et leurs airs de ravis de la crèche... Mais Bon Dieu, quelles têtes de cons ! Toujours à se chiffonner pour un rien, toujours à s’entretuer pour une broutille en son nom ! Il en avait sa claque, Dieu, ras-le-bol ! Il fallait kärcheriser tout ça, et personne mieux que son fils ne pouvait assumer cette tâche !

jules 3Jésus s’était ainsi incarné sur Terre, et après quelques bourdes de jeunesse (changer l’eau en vin ou encore s’amuser à marcher dessus), le fils de Dieu avait enclenché la touche lavage à froid, et avait converti les foules à grandes brassées… Jésus… L’homme qui lavait plus blanc que blanc… Pour vous dire, même son linceul était immaculé !

Et justement, puisqu’on parle d’immaculée, venons-en au Saint-Esprit, l’adoucissant… Ben oui, suivez, un peu... Le Saint-Esprit, c’est l’adoucissant ! Réfléchissez, aussi… S’il ne l’avait pas été, je peux vous dire que Marie, elle l’aurait autrement senti passer, le Saint-Esprit !!! Le Saint-Esprit, c’est la douceur, la tendresse… Ca se faufile, comme ça, un peu partout, insidieusement, et au moment où vous vous y attendez le moins, paf ! Ca vous tombe sur le coin de la figure et vous êtes touché par la grâce ! C’est bien malin, tiens... Et c’est de la faute du Saint-Esprit, si maintenant on a toute une tripotée de saints dans le calendrier, et que vous lisez plus que régulièrement leurs histoires ici, quand je les éviscère…

jules 4Enfin bref, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit… Du 3 en 1, je vous dis ! Des fois 3, et des fois 1 ! C’est même l’occasion pour eux de faire diverses blagues de potache… Parfois, pour le plaisir, ils se réunissent en une seule entité, et ils jouent à faire peur aux gens en leur criant « C’est qui !!! » avec leur tête immonde.

La dernière fois, c’était Dieu qui avait eu envie de se marrer. Il s’était caché derrière une colonne du Paradis, et il avait appelé son fils : « Psst ! Eh ! Psst ! Jésus ! Ramène ta fraise ! Dis-moi, le nouveau, Jean-Paul… Tu sais, le 2… T’aurais pas envie de lui faire une petite blague ? » Les yeux de Jésus s’étaient alors mis à briller, et dans la minute, il avait fait rappliquer le Saint-Esprit ! Ensemble, ils avaient fait une petite synthèse, et ils avaient attendu que Jean-Paul se ramène… Ca y était, il était là ! L’entité divine s’était du coup montré en hurlant « Tindin ! » à Jean-Paul, avec son visage fait de 4 yeux, 2 oreilles, 3 mentons et un seul nez…

chapiteau6Jean-Paul, ça ne faisait pas bien longtemps qu’il était au Paradis, et un truc comme ça, ça l’avait fait complètement criser ! Le 3 en 1, ça lui avait retourné l’estomac, et ça l’avait tellement choqué qu’il s’en était mis à trembler comme une feuille ! Pour vous dire, en moins de deux, le verre de lait qu’il avait dans la main s’était transformé en plaquette de beurre de missel… La Trinité était bien contente d’elle et de son canular, et elle était rentrée à son bureau, pour se marrer en paix !

Aujourd’hui, la Trinité, je peux vous dire qu’elle ne rechigne toujours pas sur ce genre de petites âneries… Elle se gausse, elle se marre, et encore plus quand elle regarde un paquet de lessive Saint-Marc, parce qu’au final, le concept du 3 en 1, on dira ce qu'on voudra, mais c’est bien la Trinité, qui l’a inventé...

 miséricorde8

 

Voir la vie de saint Jean-Baptiste de la Salle

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Par Ephemeridiae - Publié dans : Saintes Chroniques - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 16:38

salle 4Mercredi 31 Mars 2004, 9h30. Ca y est, j'entre dans l'antre. On m'installe, on me fait patienter, on me dit d'attendre et que ça ne durera pas longtemps. Je ne suis pas seul, dans la pièce. Autour de moi, quatre hommes et quatre femmes sont déjà là. Ils se regardent dans le blanc des yeux, ils attendent, ils espèrent, ils soupirent.

La salle d'attente est sobre, simple, dénuée. Il y règne une petite odeur prégnante et subtile propre à ce genre d'endroits, qui me laisse m'installer dans une banquette et attendre à mon tour. Devant moi, sur la table basse, se trouve l'ensemble des revues qu'on peut espérer ici, de "Gala" à "Paris-Match" en passant pas "Closer" et "Voici"... Mon Dieu, ça donne envie...

La pièce, elle, n'est pas très vaste et baigne dans une douce ambiance feutrée. Pas de posters sur les murs, pas de publicité à outrance, à peine une ou deux plantes vertes. Le minimum et la sobriété réunis dans un ensemble pour le moins cosy, avec banquettes de cuir et chaises assorties, molletonnées et agréables.

salle 1Par contre, les gens qui attendent avec moi me paraissent bien moins agréables que la pièce elle-même. Ils me font face, grimacent et trépignent. C'est comme s'ils voulaient m'évincer, comme s'ils voulaient m'éliminer. Certains semblent anxieux, d'autres stressés, quand d'autres encore font ceux que rien n'affectent... Il règne comme un malaise qui se transmet des uns aux autres, mais promis, juré, je ne me laisserai pas toucher par cette humeur ambiante.

Alors, de mon côté, je me mets à les regarder, à les dévisager. Je les fixe, je les toise, je leur fait sentir qui je suis, les amenant à baisser les yeux, fixer leurs chaussures et éviter mon regard. Ils se dandinent, se tripotent les doigts, l'attente se fait longue et interminable, personne n'ose parler, personne n'ose même produire le moindre son qui, dans cette ambiance tendue et crispée, serait automatiquement décuplé.

salle 2Le premier d'entre eux est un homme. Il a la cinquantaine bedonnante et grisonnante, une moustache sous les narines et un polo bleu ciel. Il semble le plus agité de tous, et déjà son polo bleu ciel vire de couleur par endroits, sous les coups de son anxiété. Il ne me semble pas dangereux, juste échappé d'une masure dans le Gers où il retournera sans doute très vite. Je ne sais trop ce qu'il est venu chercher ici, mais il repartira sans doute très vite, et sans l'avoir trouvé...

A côté de lui, une blonde. Jeune, pimbêche et vulgaire, elle est habillée du strict nécessaire qui sied à sa classe de population : un justaucorps qui lui moule la poitrine opulente avec les tétons qui pointent par l'absence remarquée de soutien-gorge, un string qui dépasse de son jean taille-basse, le chewing-gum qui se laisse mâchouiller allègrement bouche ouverte, et ce regard aussi vide que celui d'un escargot en train d'hiberner. Son Q.I ne semble en tout cas pas bien élevé...

salle 3A la suite se trouve une vieille acariâtre en tailleur tartan et tirée à quatre épingles. Elle a du connaître l'ivresse de l'amour une seule fois dans sa vie, et n'a malheureusement pas du aimer... Elle regarde d'un air pincé la pétasse blondasse à ses côtés, avec dans les yeux comme une envie de meurtre. Suivent un jeune homme avec un pantalon baggie et une coiffure explosée, un type en costard-cravate avec les cheveux gominés, une obèse avec un goitre volumineux et une robe d'un rose à faire pâlir Roselyne Bachelot, un type bodybuildé en T-shirt Extra-Small, et pour finir, une femme d'âge mûr, qui louche.

Quelle brochette, qui m'entoure ! Des archétypes, des caricatures d'eux-mêmes... Que m'est-il donc passé par la tête pour avoir l'envie de venir ici ? Pourquoi ai-je décroché mon téléphone pour venir à ce stupide rendez-vous ? Mais maintenant que je suis là, il faut que j'aille jusqu'au bout ! Pas question de reculer, je sais que tout ne peut que bien se passer quand je passerai de l'autre côté... Alors je reprends la contemplation de mes comparses de salle d'attente...

La pétasse ouvre un peu plus la bouche en mâchant et se met à faire des bulles, avec son chewing-gum. La vieille en tartan laisse échapper un grognement de mépris et lui jette un regard désapprobateur, tandis qu'elle se redresse sur son siège et défroisse sa jupe sur ses genoux. Le vieux bedonnant, lui, transpire encore et son polo s'assombrit dans tous les angles, irrémédiablement. Déjà des odeurs émanent de lui et viennent me chatouiller les narines, il ne va pas falloir que ça dure trop longtemps, cette histoire...

salle 5Le jeune au pantalon trop large se met un doigt dans le nez et commence une fouille progressive et systématique de sa cavité nasale, ce qui a le don de l'absorber au plus au point, tandis que le type au costard, lui, ne fait rien. Le costaud, de son côté, reste absorbé par le manège de la pimbêche qui le remarque. La jeune fille lui lance un regard évocateur, décroise puis recroise ses jambes d'une manière plus que suggestive et sourit en reprenant sa mastication effrénée.

La dame qui louche regarde elle-aussi la blonde... ou peut-être le jeune homme au pantalon baggie, difficile de dire. Lui, en tout cas, semble avoir découvert un fabuleux trésor qu'il admire entre ses deux doigts, qu'il tripote et fait rouler... Quelle mine réjouie a-t-il, juste avant de l'avaler...

Curieusement, personne ne regarde plus que ça la dame obèse, alors que pourtant, à elle seule, elle doit bien prendre deux sièges ! Elle est engoncée dans sa robe flashie, mal assise, et a du mal à se tourner. Ca lui demande des efforts sans doute atroces qui la font renoncer. Elle attend, j'attends, tout le monde attend... Et personne pour venir nous dire où ça en est ni quand on va pouvoir passer...

salle 6La salle d'attente me semble maintenant de plus en plus étroite, j'ai besoin de respirer, de voir autre chose, mais il n'y a ici que ces portes fermées et ces huit personnes que je ne veux en rien côtoyer ! Ca me gonfle, m'oppresse, me titille, mais je tiens bon, j'irai au bout de cette attente, je ne laisserai pas ma place ! Le vieux au polo aussi, est agité, ça devient une infection ! Ca ne semble pourtant pas déranger le jeune au pantalon baggie qui entreprend frénétiquement la fouille de sa seconde narine.

C'est au tour de l'obèse, de se mettre à stresser. Elle tremble et sa peau s'agite en toutes sortes de remous et de minivagues qui donnent à tout un chacun un début de mal de mer. Personne n'ose plus la regarder, ni elle, ni la dame qui louche d'ailleurs, parce que les deux combinées, c'est le malaise assuré... Le costard regarde ainsi le costaud, qui lui, se met à regarder le costard en retour. Le courant passe entre eux, les deux se jaugent, se scrutent et se sourient, une idée derrière la tête. Ils se sont sentis, ils se sont compris.

salle 7La blonde aussi a compris qu'elle n'avait plus aucune chance avec le costaud et se tourne ainsi vers le jeune au baggie, qui essaie, à son tour, de la reluquer. Entre eux deux, la vieille en tartan comprend parfaitement leur manège. Elle ne fait rien pour les aider : elle leur cache la vue, les gène de tout son tartan, comme si elle y éprouvait un plaisir non dissimulé. Vu son expertise dans l'art de bloquer cette attirance naissante, elle doit certainement être surveillante en chef dans un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille... Un épanouissement personnel et professionnel certain...

Que va-t-il se passer ? Les différents membres de cette salle d'attente vont-ils en venir aux mains ? Non, ça y est, la porte s'ouvre enfin ! On vient me chercher, on vient nous chercher ! On va enfin pouvoir quitter cette fichue salle d'attente ! Chacun d'entre nous se lève de sa banquette, se dirige vers la porte, la passe... Même l'obèse.

On arrive enfin sur le plateau après cette attente interminable... Allez, silence ! Ca commence...

 ...

" Voici l'équipe d'aujourd'hui... 9 candidats venus pour remporter une cagnotte pouvant atteindre 50 000 €. Mais un seul d'entre eux repartira peut-être avec cette somme à la fin de l'émission. Les huit autres quitteront le plateau les mains vides, désignés tour à tour et manche après manche comme étant les maillons faibles... Bienvenue... Vous allez regarder le Maillon Faible ! "

 

boccolini

 

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