Présentation

  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du momentSaint Elisée, fêté le 14 Juin.  
La Date du moment : Le 1er juillet 1766, L'exécution du Chevalier de la Barre.   undefined
Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.  
Le Billet du momentRimaillage n°1, Scène de Taverne...  
Les 10 du moment10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines dents... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires
... [Tout sur l'auteur, ici]

Mercredi 21 mai 2008


Hagard... Vitreux... Nauséeux... Des heures et des jours... Des nuits sans sommeil, agité, angoissé... Se demandant toujours quand ? Pourquoi ? Et traînant inlassablement, le ventre noué, l'estomac retourné. Ca fait trois semaines... Trois semaines de vide... Trois semaines de désert... Trois semaines d'oubli... Pourquoi suis-je ainsi délaissé ? Pourquoi m'a-t-on abandonné ? Quelqu'un m'en veut-il vraiment ? Je suis en manque et je le sais... J'ai besoin de ma dose et je hurle... Je ne suis pas sevré, je suis plus que stressé...

Depuis trois semaines, j'ai changé de ville, changé de vie, changé d'horizon, laissant là quelques cartons, emportant ailleurs ce qui composait ma maison. Les plantes ont été ramassées, les livres se sont empilés, les disques se sont assemblés, la télé, le frigo, la radio, tout est parti, tout, même l'ordinateur. Mais la connexion... Cette divine connexion à la toile, aux réseaux bouillonnants des envies passagères, me laisse m'en aller, ne souhaitant m'accompagner...

Je l'avais pourtant regardé, dans mon ancien chez moi, je lui avais tendu la main et proposé de venir, mais elle n'avait voulu, ses numéros devant rester régionaux. Je ne la dérangeais pas, m'avait-elle signifié, elle s'était même habitué à ma présence... Elle aimait m'apporter une ouverture sur le monde, des éclaircissements insoupçonnés ou encore de nouvelles amitiés, mais elle était sous la coupe d'un indicatif bien précis, alors je devais la laisser.

J'étais triste, j'avais envie de pleurer tant je m'étais attaché à elle... Que de moments avions-nous connu ensemble ! Que de joies ! Que de peines ! Que de cheveux et de sourires arrachés ! C'était le bon temps et je ne l'avais vu filer...

La tête dans mes cartons, j'ai tout fait pour ne pas penser à mon ancienne connexion. Résolument, je me tournais vers l'avenir, essayant de la remplacer, essayant de nouer une nouvelle amitié, mais rien ne venait. Jamais mon ordinateur n'accrochait un réseau, jamais la toile ne voulait l'épingler, il restait de côté, et moi, je sentais le manque me gagner...

Ca avait commencé doucement... Tout d'abord, des démangeaisons, des envies passagères... Décrocher le téléphone en quête de la tonalité, tenter de s'élancer sur la toile mais très vite se retrouver bloqué, et tourner en rond... Tourner en rond en attendant ce moment fatidique qui enfin vous donnerait votre accès... Attendre... Ne faire qu'attendre...

Mais au bout d'un moment, l'attente est trop longue, le manque est prégnant et les besoins naturels se font sentir... L'homme délaissé, ce moi dont on ne peut plus parler qu'à la troisième personne du singulier, cet être moderne et d'habitude avenant se recroqueville sur lui-même, se perd dans ses pensées, s'énerve pour un rien et fait sa crise...

« Où est ma dose ??? » s'écrie-t-il en faisant des lambeaux de sa chemise immaculée... « Qui me veut du mal ??? » Eructe-t-il aussi, recherchant le complot... L'homme moderne est en manque, il perd ses repères, délire, et s'injecte les yeux de sang, il n'est plus contrôlable. Alors il sort dans la rue, redécouvre cet univers familier qui pourtant l'interpelle... Où est passée la virtualité ? Comment peut-on réellement vivre dans un monde physique ? Où sont donc les émoticônes et le langage abrégé ? L'homme en manque ne sait plus s'exprimer, il est perdu...

C'est ainsi qu'à mon image lors de ces dernières semaines, il erre, se balance d'un trottoir à l'autre, cherchant l'occupation, cherchant l'inspiration, la sortie du tunnel. Il n'ose plus regarder ses vecteurs de communicabilité, il ne veut plus être déçu, il ne veut plus nourrir d'espoirs vains et d'illusions perdues... Il s'accroche à ses souvenirs et se paye un cyber deux fois par semaine, la métadone du bloggeur en mal d'accessibilité.

Un jour enfin, le calvaire prend fin. Un bouton s'allume, un téléphone s'anime, l'homme en manque et délaissé ne réalise pas... Le voyant clignote, appelle, interpelle l'oeil vitreux, se fait insistant et l'intéressé comprend enfin... La vie revient, l'écran s'allume. A mesure que l'ordinateur reprend des couleurs, le visage de l'homme en manque s'anime, s'illumine de cet espoir retrouvé, de cette chaîne qu'à nouveau il passe à son poignet, et de ces heures qu'il va pouvoir dépenser, sans compter.

A présent, l'homme en manque est redevenu l'homme, tout simplement. Dans ses nouveaux appartements, il a retrouvé ce qu'il était, il s'est recalé dans les pas de ce qu'il avait quitté et laissé de côté... Trois semaines de sevrage mais pour lui, une éternité... Comme quoi, au final, l'homme moderne ne sait bien vivre qu'enchaîné, au boulet de sa connectivité.


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : La récréa - Bigornette
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Mardi 13 mai 2008


Amis lecteurs,

Juste un petit mot pour vous dire que je serai prochainement de retour sur ce blog... Cette absence qui vous tourmente tant n'est due qu'à un déménagement physique de ma part et j'attends désespérément la mise en place de ma nouvelle connexion Internet...

Bientôt ici, donc, de nouvelles histoires saintes, de nouvelles éphémérides, des légendes et des jeux d'écriture... Restez attentifs, le retour d'Ephemeridiae sur la toile, c'est pour très bientôt !!!

 

par Ephemeridiae
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Jeudi 1 mai 2008

 

Mes amis, aujourd’hui, 1er mai, nous fêtons le travail, nous fêtons saint Travail ! Et oui, que voulez-vous, le travail a droit de citer dans notre calendrier, et rien de tel qu’un jour chômé pour lui faire sa fête en toute bonne mesure… Ainsi, tous les travailleurs de notre doux pays s’assemblent en ce jour béni par Dieu, pour rendre hommage au travail, tout en glandant pendant une journée pleine et entière, tandis que Dieu, de son côté, est ravi de voir que tous ses protégés savent rendre grâce pour les bienfaits qu’il a créés, notamment le travail… Pourtant, au départ, Dieu n’avait pas franchement créé le travail pour faire plaisir aux gens, c’était même une sorte de punition, une punition divine infligée aux premiers occupants de notre douce planète, parce que Dieu, ils l’avaient un peu gonflé. Mais revenons plutôt au commencement de cette histoire…

Et « au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » Genèse 1,1. Genèse 1,1… Euh… Attendez, là, je crois que je suis remonté un peu trop loin dans l’histoire… Alors, voyons voir… La suite… le ciel et la terre blablabla… le jour et la nuit blablabla… il créa l’homme à son image blablabla… le septième jour, il glande blablabla… Ah, ça y est, voici le bon passage : le moment où Dieu fait quelques recommandations à Adam et Eve dans le jardin d’Eden :

« Bon, bande de troufions ! Voilà, ça y est, j’ai créé les hommes, et je vous offre un monde tout beau et tout propre pour que vous puissiez vous y balader à poil et à loisir ! Dans ce joyeux monde d’Eden, tout vous est offert, tout vous est permis, même la sodomie ! Par contre, vous voyez le pommier, là-bas ? Interdit d’y toucher ! Les pommes, c’est pour ma poire, alors interdiction formelle d’en becqueter, hein ? Et puis de toute façon, les pommes, ça refile des coliques… Alors vous n’y touchez pas, et allez baiser ailleurs ! »

Dociles, les deux premiers êtres de notre humanité s’étaient donc éloignés du pommier et commençaient à s’atteler à la tâche que leur avait confié Dieu, quand était arrivé le serpent. Le serpent, il faut dire qu’il avait un peu l’âme d’un voyeur, et ça faisait un sacré bout de temps qu’il reluquait la croupe d’Eve. Alors une fois le coït terminé, il s’était approché de la jeune femme et avait trouvé le moyen pernicieux de la convaincre d’aller jusqu’au pommier. En plus de ça, le serpent, il en voulait encore à Dieu de ne pas lui avoir fait de pieds, alors il voulait se venger.

Bien évidemment, Eve, cette gourdasse, s’était exécuté. Elle trouvait sympa l’idée de rapporter des pommes à son mari, mari qui avait d’ailleurs goûté sans vergogne aux fruits défendus. Mais là, juste là et à cet instant précis, ce fut le drame... En fait, il faut savoir que Dieu avait installé une sorte d’alarme sur son pommier, histoire d’être sûr de ne rien se faire chaparder, et dès que les fruits avaient été dérobés, un voyant lumineux s’était allumé au-dessus de bureau divin, au Paradis.

En voyant ça, Dieu entra dans une colère noire ! Ces foutus humains avaient déjà trouvé le moyen de lui désobéir ! Mais quel bande d'imbéciles ! « Alors si c’est comme ça, s’écria Dieu, je vais les punir !!! Je vais te leur sortir mon gros doigt du ciel, et ils vont apprendre comment je m’appelle ! »

Sans attendre une minute de plus, Dieu avait ainsi dépêché l’archange Gabriel au Paradis, pour virer ces deux indésirables, et pour les rejeter sans autre formalité dans la bouillasse immonde qui se trouvait à l’entrée, au-delà du paillasson avec marqué « Bienvenue » sur le dessus. Puis, était arrivée la sentence divine : « Pour vous punir, bande de sacripants et de feignasses, je vais inventer le travail ! Adam, tu devras gagner ta croûte à la sueur de ton front, et je te jure, ça va être pénible ! Quant à toi, Eve, je te réserve un travail encore plus réjouissant ! Tu enfanteras dans la douleur et le travail durera des heures et des heures, longues et pénibles, pendant lesquels tu n’entendras que la voix d’une grosse dame qui te dira « Pousse !!! ». Et, ma fille, tu pousseras, encore et encore, car je n’inventerai sainte Péridurale que dans des millénaires, tu vas en chier ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! »

Dieu avait ensuite ressorti son gros doigt du ciel pour laisser Adam et Eve dans leur nouveaux ennuis, le travail était ainsi né. Par la suite, la pénibilité du travail ne put aller qu’en augmentant avec l’âge de notre planète. A chaque fois qu’une nouvelle invention censée aider au bonheur et à l’accomplissement de l’homme était créée, à chaque fois, elle était accompagnée d’une nouvelle pénibilité du travail : la charrue et le servage, le charbon et les mines, la révolution industrielle et le travail à la chaîne, les chaussures Nike et les petits coréens.

Mais il semble, en fait, que l’homme se soit habitué au travail et qu’il développe avec lui un certain rapport de soumission masochiste ! En effet, si le travail fait si mal que ça, pourquoi l’homme s’évertue-t-il à en vouloir un coûte que coûte ! Pourquoi descend-il dans la rue, hurle-t-il sa haine et bloque-t-il les universités, pour réclamer du travail ? Pourquoi n’a-t-il que le travail en tête, en cette période de baisse du pouvoir d'achat ? Et, dernière question, si Dieu a créé le travail en guise de punition, pourquoi les hommes, quelques millénaires plus tard, déclarent-ils que le travail est saint et qu’il faut le fêter tous les ans le 1er mai ?

Méditez donc là-dessus, chers amis, chers lecteurs, devant votre brin de muguet et vos doigts de pieds en éventail, en ce jour divinement chômé… Et ne vous en faîtes pas, même si demain, ce n’est plus le 1er mai, le travail, en fait, c’est tous les jours sa fête…

Voir la vie de sainte Alida
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par Ephemeridiae publié dans : Saintes Chroniques communauté : Au fil des mots
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