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  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

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Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.  
Le Billet du momentRimaillage n°1, Scène de Taverne...  
Les 10 du moment10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines dents... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires
... [Tout sur l'auteur, ici]

Jeudi 19 juin 2008


Depuis quelques temps, l'amie Nymphea propose sur son blog de créer des rimailles, en fonction du tableau ou de l'image qu'elle choisit. Voici la première de mes participations, en alexandrins, ainsi que l'objet du délit :

 

 


Scène de taverne :

L'homme :
 
"Prendre une pipe en sa main et sourire à sa grosse,
L'observer tituber et s'affaler à table,
C'est un bien que je ne donnerais en négoce,
Ni à un tavernier, ni à un homme affable !

Je la vois s'écrouler et ronfler comme une truie,
Ils m'en viennent alors de drôl' de sentiments,
Je me lève, je dézippe, je caresse ma mie,
Bientôt grosse pochtronne, tu deviendras maman...

Alors sourie, Béate, et reprends donc un verre,
Ce n'est qu'un tout petit moment à supporter,
Je suis vif et rapide, mais point ne te révère,
C'est ton cul, ma mignonne, que je vais honorer !"


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : Adoptez un mot!
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Mardi 17 juin 2008


                                 Le 17 juin 1885
                  La Statue de la Liberté arrive à New-York



Certaines dates, dans l'Histoire, sont là pour marquer les consciences, et le 17 juin 1885 en fait bien justement partie... Ce jour précis, mes amis, une oeuvre emblématique est arrivée à bon port et prête à être montée et installée ; un monument a été débarqué afin de sceller une amitié transocéanique ; une flamme est venue conquérir le coeur de millions d'américains ; puisque le 17 juin 1885, c'est le jour où la Statue de la Liberté est arrivée à New-York...

Symbole national autant qu'international, la Statue de la Liberté est bien LE monument qui scelle une amitié profonde et durable, quoiqu'avec des creux et des bosses, entre les peuples français et américains. Cela fait plus de 100 ans que les deux pays se sont alliés et se sentent amis, depuis que les États-Unis ont souhaité se libérer du joug anglais, et que la France, toujours prompte à donner un coup de poignard dans le dos de la perfide Albion, a très sympathiquement proposé son aide matérielle... Depuis ce jour, les deux pays n'ont cessé de se faire des clins d'oeil langoureux, chacun de son côté de l'Atlantique, et en 1885, la France souhaite honorer cette amitié et offrir un cadeau au peuple américain, un truc un peu tape-à-l'oeil parlant de liberté, mais surtout à la vertu de bien rappeler à l'ami que, dans l'acquisition de sa liberté, la France a donné un petit coup de main.

Côté français, on met le paquet ! On veut d'un truc rutilant, on veut d'un truc grandiose, on veut d'un truc qui marque les générations ! Pour cela, on va chercher le sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi, déjà habitué à travailler pour les États-Unis, et on l'enferme pendant une quinzaine d'années dans son atelier afin qu'il réussisse à produire son oeuvre. Au cas où, d'ailleurs, on lui adjoint les services d'un certain Gustave Eiffel, homme bien sympathique en soit, mais assez obnubilé par l'utilisation de structures métalliques en toute oeuvre, y compris dans cette fameuse Statue de la Liberté.

En avril 1885, la Statue est achevée, les français en sont fiers, ils ont hâte de la transporter... Exaltation d'une vertu française, exaltation d'un savoir-faire français, donc exaltation de la France, tout y est, les américains ne pourront qu'aimer, voire adorer, et la Statue est expédiée...

Il faut deux mois au navire français Isère pour arriver à New-York depuis le port de Rouen avec, dans ses cales, 210 caisses contenant la Statue en bronze et sa structure métallique. Qu'en diront les américains ? Comment accueilleront-ils l'oeuvre ? Comment adoreront-ils les français pour les bienfaits qu'ils procurent à ce peuple toujours naissant ? Chacun se le demande mais ne doute que peu des réactions... Après tout, ce n'est pas n'importe quoi, c'est un produit français ! Qu'y a-t-il donc de mieux au monde, après tout ?

Les américains, pragmatiques, s'affairent à ouvrir les caisses, un peu angoissés à l'idée du cadeau qu'ont pu leur faire les français... Si au moins ça pouvait être des bouteilles de vin, plutôt que cet abominable fromage qui pue... Au 1er abord, rien de périssable, aucune nourriture mais de la matière... Des pièces et des pièces dans des boîtes et des boîtes, des boulons, des bouts de métal, du bronze un peu partout, et dans un carton, quelques outils et une notice de montage en suédois, les américains restent circonspects...

Puis ils examinent les plans, observent la version finale et comprennent : la Statue d'une femme avec la tête de Maman Bartholdi, tout en bronze avec un flambeau à la main, c'est du plus mauvais goût, c'est même un poil gerbant... Pas un sein qui ne dépasse, pas un crucifix autour de son cou, pas même un hamburger dans la main, elles sont où, les valeurs américaines ??? C'est quoi ce truc ??? On ne peut pas mettre ça sur notre sol, quand même !!!

Sauf qu'un cadeau, ça ne se refuse pas... Bon gré, mal gré, les américains assemblent les différentes pièces de la Statue de la Liberté et la collent, 18 mois plus tard, le plus à l'Est possible du Pays, au niveau du port de New-York et surtout, tournée vers les français. Ainsi mise en place, la version officielle du cadeau raconte qu'elle éclaire les nouveaux arrivants de sa flamme et ses bras grands ouverts, mais la vérité est surtout que vu le côté vomitif du machin, ce n'est que justice de l'infliger à la vue des français, à leur arrivée sur le nouveau continent...

Quoiqu'il en soit, quelques 120 ans plus tard, la Statue de la Liberté éclaire toujours le port de New-York, traversant les époques et ne cessant d'être copiée... Tokyo, Paris, l'Allemagne, et cette flamme reproduite au-dessus du Pont de l'Alma qui, hélas, un jour a cessé d'éclairer, avec les désastres qu'on lui connaît... Mais de cela nous ne parlerons point aujourd'hui, ce n'est qu'une autre... de nos Deux Milliards d'Histoires...


Voir le 5 juin 1662
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par Ephemeridiae publié dans : Deux Milliards d'Histoires communauté : Au fil des mots
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Samedi 14 juin 2008


Élisée… Saint Élisée… Mes amis, aujourd’hui, dans cette sainte chronique, on va remonter un petit peu plus dans le temps qu’à l’accoutumée… Quittons fébrilement ces saints des XIXe-XXe siècles qui voyaient apparaître à tout va la Vierge Marie en bikini bleu ciel avec des étoiles dorées sur le dessus ; survolons joyeusement ces saints des XVIe et XVIIe siècles mystiques patentés ; dépassons guillerettement ces saints moyenâgeux dont le passe-temps favori était de s’enterrer dans un désert ; ne nous arrêtons même pas, l’espace d’un instant, sur ces saints de la fin de l’Antiquité, qui adoraient se faire trucider et qui n’étaient heureux que les tripes à l'air… Même Jésus… Allez hop ! Passons-lui par-dessus et remontons encore le temps pour arriver promptement à l’ère des prophètes…

L’ère des prophètes… Ce temps joyeux et fort cocasse durant lequel les juifs se faisaient réduire en esclavage par les Egyptiens… Ce temps merveilleux et idyllique où pour vivre libre, il fallait déambuler 40 années dans le désert… L’ère des prophètes… C’était le temps d'Élisée, candidat à la succession du prophète Élie.

Sauf que, comme chacun peut s’en douter, n’est pas prophète qui veut ! Ce n’est pas parce qu’on passe son temps collé aux basques d’un prophète à lui cirer les sandales de Jésus, qu’on peut soi-même devenir un prophète ! Non, Monsieur ! Non, Madame ! Pour être prophète, il faut avoir la foi, l’étincelle, la vocation, chose qui ne vient pas de n’importe où ! Ainsi le disait ce grand philosophe du XXIe siècle, Ophélie Winter, « C’est Dieu qui m’a donné la foi ! »

Et ça, Élisée le savait ! Ca faisait des années qu’il suivait désespérément Élie, dans l’espoir de… Et pourtant, rien ! Dieu ne lui avait jamais rien donné ! Ni la foi, ni le rein, pas même une boîte de pâté Hénaff, rien. Du coup, Élisée commençait à enrager, Élie se faisant plutôt âgé, et personne n’ayant encore été « « appelé » » pour le remplacer.

Élisée s’impatientait... Rien ne l’énervait plus que de ne pas savoir ce qui allait lui arriver… Il stressait, angoissait, retournait sans cesse sa bile et son problème dans sa tête, puis tentait de se soulager, d'évacuer toute cette rancoeur. Notre saint du jour avait d'ailleurs une méthode plutôt efficace : A l'image d'Adam chaque matin face à Eve, il partait labourer.

Travailler la terre, ça lui faisait un bien fou ! Il ne se sentait apaisé que quand il était dans ses champs, Élisée. Il retournait son terrain et ne pensait plus à rien, il se sentait l’âme d’un Charles Ingalls, perdu dans sa prairie, c’était tout bonnement formidable ! Bêcher… Creuser… Labourer… Planter… Plus belle que ça, la vie n’était pas possible…

Un jour pourtant, qu’il était bien justement en train de s’acharner sur son lopin de terre avec son vieil arbre tordu au milieu, Élisée reçut enfin l’appel… Il entendit enfin la voix de Dieu, celle qu’il avait attendue toute sa vie… Il l’imaginait douce, suave, il la voyait flotter dans l’air, dans le vent, et au final, elle s’était révélée à lui et lui avait annoncé :

« Vous allez être mis en relation avec Dieu, merci de bien vouloir patienter quelques instants… Vous allez être mis en relation avec Dieu… Merci de bien vouloir patienter quelques instants… Vous allez être mis en relation avec Dieu… Merci de bien…

Ouais, allô ! C’est Dieu ! Dis-moi, Elisée, tu n’aurais rien de spécial à faire, dans les quelques prochaines années ? Non, parce que j’ai cru comprendre que ça te brancherait bien, de faire le prophète… Si tu veux, je te refile quelques pouvoirs, et on y va, je n’attends que ton feu vert !
 »

Élisée était tout excité ! Enfin il allait pouvoir être reconnu, dans la rue ! Enfin il pourrait avoir des drôles de visions que personnes ne serait capable d’interpréter ! Enfin, lui-aussi, il pourrait raconter à toute la populace que le sauveur naîtrait d’une femme encore vierge au milieu d'un troupeau de moutons qui puent ! C’était jubilatoire !

Dans son champ, Elisée n’en pouvait plus de remercier Dieu ! Il se répandait en louange, s’agenouillait pour le vénérer puis se relevait encore afin de remercier le Tout Puissant… Élisée sautait de joie, faisait des bonds, exultait… Sauf qu’à force de sauter de joie, ce couillon d'Élisée ne vit pas le trou qu’il venait tout juste de creuser et… ce qui devait arriver arriva, dans le trou, Élisée s’affala, se cassant une jambe et se luxant un tibia. 9 mois d’hosto, alors qu’Élisée, de tout cela, n’avait rien calculé… « C’est encore un boulot de merde ! » S’était alors écrié notre saint du jour, se jurant, mais un peu tard, qu’il aurait mieux fait de rester à labourer !

Alors… A chaque Élisée qui lit ces quelques lignes, qu’il attende désespérément d’entendre les paroles divines, qu’il se croit investi d’une certaine aura prophétique, ou qu’il considère que les voies du Seigneur sont faites pour rester impénétrables, je n’ai qu’une chose à lui dire : Aujourd’hui, Élisée… Ca va être ta fête !


Voir la vie de saint Ferdinand
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par Ephemeridiae publié dans : Saintes Chroniques communauté : Les mots dans tous leurs états
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