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  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du momentSaint Elisée, fêté le 14 Juin.  
La Date du moment : Le 1er juillet 1766, L'exécution du Chevalier de la Barre.   undefined
Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.  
Le Billet du momentRimaillage n°1, Scène de Taverne...  
Les 10 du moment10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines dents... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires
... [Tout sur l'auteur, ici]

Jeudi 31 janvier 2008


ATTENTION : En fin d'article, c'est à vous de jouer !

undefinedPlus ça va, plus y en a... A force d'avancées médicales, de meilleures hygiènes de vie et de quotidiens améliorés, l'espérance de vie augmente, la société vieillit et les personnes âgées hantent durablement le territoire, heureusement qu'on a encore Parkinson et la Canicule... Existe-t-il un complot des personnes âgées contre les jeunes de notre société ? Les vieux vont-ils s'arroger définitivement le pouvoir ou vont-ils enfin en laisser aux autres ? La vieille dame est-elle une arme de destruction massive ?

Dans une réflexion des plus poussées, ces quelques derniers jours, sur Ephemeridiae – le charmant blog à éphémérides – il vous était demandé de réunir toutes les raisons possibles et imaginables de ne pas faire confiance à une vieille dame. Le cogitage est aujourd'hui clos et des 29 propositions, je vous propose de découvrir les 10 bonnes raisons qui m'ont fait le plus rire ou sourire, qui m'ont le plus amusé, en toute subjectivité (légèrement retoquées pour une bonne mise en forme générale)...

Toutes mes félicitations aux 10 raisons sélectionnées ainsi qu'à l'ensemble des participants ! (
Bidudule, Ki-Noz, Lyskald, Nymphea, Un nain connu et Vanessa) Sachez que tout le monde peut jouer, rendez-vous en fin d'article pour le nouveau thème...

Mais avant tout, voici
10 excellentes raisons de ne surtout pas faire confiance à une vieille dame...


Raison n°1 par Bidudule
 : Une vieille dame, ça se trouve bien souvent dans un bus bondé à 17h30, criant au tout venant qu'elle veut deux places assises, une pour elle et l'autre pour son sac à provisions... Elle fait tout pour vous tirer la larme de l'oeil, et surtout pour vous piquer votre place, donc il ne faut pas faire confiance...

Raison n°2 par Ki-Noz
 : Une vieille dame, c'est sans cesse en train de se plaindre de ses varices, de sa hanche de travers ou de son dernier cor au pied ; excuse valable qui l'empêche d'atteindre le paquet de pots de yaourts qui se trouve tout en haut du rayon... ("Vous seriez bien aimable jeune homme, d'aider une petite vieille comme moi...")

Pourtant, ce sont ces mêmes vieilles dames qui, alors que vous faîtes la queue aux caisses depuis vingt minutes, arrivent à se faufiler subrepticement devant vous... Par contre, si vous osez leur faire remarquer que vous êtes là, elles se retournent en vous regardant de leur air de petite-vieille-sans-défense (le même que prennent les bébés phoques quand Brigitte Bardot veut les serrer contre elle) et s'excusent platement en finissant par une pirouette du style : "Mon docteur m'a dit qu'il fallait m'opérer de la cataracte mais j'ai bien trop peur des hôpitaux" Vous y voyez une coïncidence, vous ? Pas moi !


Raison n°3 par Un nain connu
 : Une vieille dame, ça pue...

Raison n°4 par Vanessa
 : Qui sait ce qui ce cache derrière une vieille ? Dernièrement, on pouvait voir à la télévision une vieille dame se repaissant de l'hypophyse de jeunes femmes afin de pouvoir rester jeune... Moralité : Une vieille dame, ça vous bouffe jusqu'au trognon.

Raison n°5 par Lyskald
 : Une vieille, ça ne se sépare jamais de son sac à main de vieux cuir. Mais si les jeunes voyous y espèrent quelques bas de laines bien remplis, ils n'y trouvent que parpaings sur leurs têtes ramollies.

Raison n°6 par Nymphea 
: Même sous le plus beau sourire, il peut toujours se cacher un dentier.

Raison n°7 par Vanessa
 : Miss Marple est une vieille dame. Sous son air innocent et calme, qu'on pourrait prendre pour de la passivité, rien ne lui échappe ! Qui sait ? Si ça se trouve, et sans qu'on le sache, une Miss Marple nous suit, nous traque, nous épie et note en détail tout ce que nous faisons, tout ce qui se passe dans notre vie ?

Raison n°8 par Ki-Noz
 : Avant d'être de vieilles dames, elles ont été de jeunes femmes, c'est tout dire...

Raison n°9 par Lyskald
 : Si la vieille dame eut pu être votre grand mère, elle va fêter la Toussaint tous les jours au cimetière.

Raison n°10 par Un nain connu :
Étant donné que ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers, la vieille dame doit avoir pas mal de choses à se reprocher... Donc je ne fais pas confiance.

Quant aux 19 autres propositions, elles sont en accès ici.


undefinedEt maintenant, c'est à nouveau à vous de jouer ! Pour
le prochain « Club des 10 », je vous propose de rechercher les différentes choses qu'il vaut mieux éviter de dire à un homme sur un pont... Comme la dernière fois, vous avez le droit à autant de propositions que vous souhaitez, avec toujours cette consigne : soyez inventifs, incorrects, trashs, sans tabous et pleins d'imagination...

Je retiendrai, de mon côté, les 10 qui, d'une manière très subjective, m'auront le plus amusé et vous les proposerai ici, avec le nom et le lien vers le site des différents participants !

Lâchez-vous, vous avez jusqu'au 10 février, midi, pour publication le 11 février... A vos claviers !


Voir les 10 bonnes raisons de ne pas se marier
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par Ephemeridiae publié dans : Le Club des 10 communauté : Humour de tout genre
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Mardi 29 janvier 2008


undefinedCauserie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tout ensemble, au coeur de la Grèce Antique, à la rencontre d'un dieu sautillant autant que guilleret, quoique ; à la découverte d'un musicien et mélomane hors pair ; au contact d'une divinité un poil spéciale, mais qui n'a de cesse de distraire ses contemporains ; puisqu'aujourd'hui, dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir du dieu Pan.

Dieu musicien, dieu coureur de donzelles, dieu au physique disgracieux, Pan, notre personnage mythique du jour, a tout de l'apparence du faune, qu'il s'agisse des cornes, des pattes de chèvre, ou encore des idées un point libidineuses... Mais attention, amis lecteurs, prenez garde, car si l'apparence est une chose, le dieu en est tout autre... En effet, jamais Pan ne prend de soin du poil par nymphette interposée, jamais il ne s'ébroue dans le gazon, pour le seul plaisir de s'ébrouer, jamais il ne danse autour du feu en hurlant des mélopées doucereuses, Pan n'est pas un faune, tenez-vous le pour dit !

undefinedCe qu'il est, Pan, il ne le sait pas vraiment... Beaucoup d'hypothèses se disputent sa naissance, les bergers l'adorent, mais lui, il n'y a qu'une seule et unique chose qui l'intéresse : la musique. Ca lui est venu comme ça, un jour qu'il tentait de séduire la jeune Syrinx, alors que la demoiselle ne semblait pas des plus intéressées par l'affaire. Le dieu la coursait, la pourchassait, la traquait, afin de la faire sienne, et la jeune nymphe, comprenant qu'elle risquait fort de passer à la casserole, décida de se transformer en roseau, au grand dam de Pan. Le dieu était déçu, dépité, désolé, il s'apprêtait à remonter chez lui et se soulager de la seule manière qu'il lui restait, quand il entendit, dans ces nouveaux roseaux, le vent et la musique que cela produisait... Ca lui plaisait, ça lui chatouillait l'oreille, alors Pan avait taillé les roseaux, les avait assemblés et en avait confectionné un instrument du nom de sa dulcinée, Syrinx, même si aujourd'hui, on le connaît plus sous le nom de « flûte de Pan ».

Le problème, c'est qu'au départ, Pan, il n'était pas très habile à jouer du roseau. Il avait beau souffler dans son machin à grands renforts de poumons, les seuls sons qu'il produisait étaient bien loin du mélodieux souhaité... Pour tout vous dire, ça ressemblait beaucoup plus aux hurlements d'un chien enrhumé, un soir de pleine lune, qu'au son douceâtre du vent dans les roseaux... Pourtant, Pan soufflait, il ne voulait s'avouer vaincu, et à chaque heure du jour et de la nuit, il s'entraînait, il voulait maîtriser cet objet qu'il avait créé !

undefinedSur le Mont Olympe, par contre, ça commençait à sérieusement râler... Pan passait tant de temps à souffler dans sa flûte que plus aucun dieu ne pouvait se reposer en paix, piquer son petit roupillon de fin d'après-midi et vomir le vin qu'il avait joyeusement ingurgité... Sur le bureau de Zeus, les plaintes s'amoncelaient et le dieu suprême décida qu'il était temps d'agir...

Un matin, il vint s'asseoir auprès de Pan et lui expliqua clairement qu'il devait se trouver un professeur, pour son instrument, un autre joueur de flûte qui l'initierait dans l'art de souffler dans le roseau. Il avait justement entendu parler d'un dieu bossu, sur une terre lointaine et ignorée de tous, peut-être trouverait-il là-bas son bonheur ? Il fallait donc, selon Zeus, que Pan parte, de suite, à la recherche de son professeur ! Le dieu musicien, galvanisé par les mots de son patron, s'en fut aussitôt, tandis que Zeus, de son côté, se frottait les mains de s'être aussi bien débrouillé de la tâche qu'on lui avait confié.

undefinedPan parcourut le monde, à la recherche de son mentor, il gravit les montagnes, sonda les océans, survola les nuages, mais jamais rien ne se produisait, jamais le dieu ne voyait la fin de son voyage. Pan commençait sérieusement à désespérer, à ne plus croire à son destin et s'apprêtait à jeter son instrument au loin, quand il le vit enfin apparaître... Il était tout bossu, il avait des plumes sur la tête, une flûte dans la bouche, il s'appelait Kokopelli et s'occupait d'une peuplade indienne méconnue. Tout de suite, les deux dieux se reconnurent, tout de suite, ils se plurent, attrapèrent leurs flûtes, et sous l'inspiration de Kokopelli, Pan joua si bien qu'il eut enfin l'impression de comprendre les rouages de l'instrument à roseau qu'il avait créé.

Alors Pan et Kokopelli se prirent par le bras, jouant de la musique, sautant guillerettement dans les flaques d'eau, comme s'ils s'étaient toujours connus, comme s'ils s'étaient toujours reconnus... Dans le soleil couchant ils disparurent, s'éclipsèrent aux yeux de tous, et plus personne n'entendit parler d'eux pendant plusieurs décennies.

undefinedUn jour tout de même, sur l'Olympe, on vit revenir Pan, mais quelque chose, chez lui, avait changé. Il n'était plus seul, il était accompagné de non pas un, mais de plusieurs joueurs de flûte. Chacun d'eux portait des drôles de vêtements, des sortes de capes avec un trou au milieu pour passer la tête, chacun avait un instrument à vent différent, ils étaient alignés, debout, sur un grand tapis, et ils se mirent à jouer, là, au milieu de la place du Marché, sur un fond musical déjà pré-enregistré.

Très vite, ce fut l'attroupement... Les dieux semblaient conquis, ravis par ce nouveau style musical, par ces titres évocateurs d'un ailleurs, d'un soleil lointain, d'un monde inconnu et de collègues de travail, de condors qui passent et de cités dorées où la flûte de Pan était sublimée, mise en valeur et applaudie par tout un chacun. Le retour de Pan sur l'Olympe se faisait en fanfare, sous les bravos, sous les vivas des autres dieux, dans la joie et le bonheur, teintés d'une pincée de bons sentiments.

Le concert terminé, les membres du groupe de flûtes se tombèrent dans les bras, sachant que c'était là la fin de leur voyage. Chacun pouvait maintenant s'en retourner dans sa contrée, protéger les ouailles qu'il avait longtemps délaissées, ce que fit également Pan. Mais dorénavant, quand il porte son instrument à sa bouche, jamais il ne reçoit autre chose que des compliments... Alors, mes amis, levons notre verre en l'honneur de Pan et de la flûte qu'il a inventé pour une nymphe qui, à lui, s'était refusée, et pour que sa mémoire survive à jamais, à mi-ton... Mythons.

                                              undefined

Voir l'histoire de l'oeil d'Odin
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par Ephemeridiae publié dans : Causerie Mythique communauté : Au fil des mots
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Samedi 26 janvier 2008


                                Le 26 janvier 1905
                 La découverte du plus gros diamant du Monde


undefinedCertaines dates, dans l’Histoire, sont là pour marquer les consciences ; et le 26 janvier 1905 en fait bien justement partie… Ce jour précis, mes amis, un être solitaire a vulgairement été secoué et dérangé ; un objet cher à nombre d’yeux a été convoité ; une pierre sans égal a pu irradier les esprits de toutes les dames de compagnie ; puisque le 26 janvier 1905, c’est le jour de la découverte de Cullinan, le plus gros diamant naturel du monde…

Cullinan, il est gros, il le sait, mais il a décidé de vivre quand même avec, d’autant que dans son bled, personne ne se plaint de son embonpoint. Nous sommes quelques temps avant sa découverte, et Cullinan essaie de vivre sa petite existence de plus gros diamant naturel du monde, pépère. Il s’est fabriqué un petit nid douillet dans une mine perdue, en Afrique du Sud, du côté de Pretoria, c’est plutôt vaste (cuisine, salle à manger, chambre à coucher) un petit living pour recevoir ses amis, Cullinan y vit la belle vie…

undefinedEn plus de ça, les voisins ne sont pas très dérangeant (un magma qui dort et deux ou trois pépites), si ce n’est, tout de même, cette tripotée de nains qui viennent régulièrement faire des travaux dans l’appartement du dessus… Cullinan ne sait pas franchement ce qu’ils y trafiquent, tout ce qu’il a compris, c’est qu’ils sont 7, qu’ils y vont à la pelle et à la pioche, tout en sifflotant joyeusement, que de temps en temps, ils embarquent quelques gravats, et qu’à la nuit tombée, ils traversent la forêt pour rejoindre, dans leur petite maison, une grognasse pâle comme la neige, qui leur prépare des tartes au citron.

Mais à part ça, Cullinan ne sait rien d’eux… Et puis de toute façon, il s’en tamponne le coquillard de leurs existences pathétiques… Cullinan se mêle peu aux autres résidents de la mine, il est ce qu’on appelle, un diamant solitaire… La journée, il passe son temps à regarder la télé, à boulotter des chips, à se peser, aussi, ça lui arrive… (« 637 grammes, ça nous fait… 3 106 carats, tiens, j’ai pris un peu de poids, moi, ce mois-ci ! ») Et puis très vite, il va se coucher, car – et vous serez d’accord avec moi – c’est quand même sacrément épuisant, la vie de plus gros diamant naturel du monde…

undefinedSauf qu’un matin, qu’il est tranquillement en train de roupiller dans son pieu, voilà t-y pas qu’il se fait réveiller par un grondement assourdissant… Il essaie de se retourner dans son lit, de se coller un oreiller sur la tête, de se mettre des bouchons dans les oreilles, mais le son devient de plus en plus présent, de plus en plus fort… C’est comme si on tapait, comme si on lui dévissait la tête, Cullinan ne comprend rien à se qui se passe… D’autant plus qu’en une fraction de seconde, c’est tout son appartement qui se met à vibrer, à trembler, à le secouer dans tous les sens, Cullinan en est effrayé, mais qu’est-ce qu’ils sont encore en train de glander, les nains du dessus ! On n’a pas idée d’aller déranger les gens, comme ça, à des heures aussi indues !!!

Tant bien que mal, le plus gros diamant naturel du monde sort de son lit, va chercher un balai et le tend au-dessus de sa tête pour frapper au plafond… Un coup... Les bruits ne s’arrêtent pas… Un deuxième coup... Les tremblements se font de plus en plus fort… Un troisième, puis un quatrième… Cullinan frappe encore et encore, et enfin, au prix d’efforts redoublés et de crampes dans les avant-bras, le grondement cesse de tout faire trembler.

undefinedCullinan est satisfait, il va pouvoir enfin aller se recoucher… Le diamant est prêt à reposer son balai, quand il regarde à ses pieds… Tiens, c’est bizarre, il ne se souvenait pas qu’il y avait tant de poussière, tout à l’heure, à cet endroit du salon… Il a du sacrément taper fort… Le diamant lève les yeux vers son plafond, et effectivement, il y a des petites fissures… Il faudra appeler le syndic pour réparer ça… Ca s’effrite, au-dessus de sa tête, ça lui tombe sur le nez, et les fissures, sous les yeux de Cullinan, s’agrandissent et s’agrandissent encore, creusant des trous entre les lustres, petits d’abord, puis de plus en plus gros ! Les coups, martelés, reprennent alors, au-dessus, avec des voix qui s’exclament « Ca y est, on y est ! »

Une grosse main de nain passe par le trou formé dans le plafond, et fermement, elle attrape Cullinan qui ne peut plus bouger… Il est pris au piège ! On l’enlève de son nid douillet ! Il voudrait crier, il voudrait s’époumoner ! Mais personne n’y fait attention… Par contre, tout le monde le regarde et s’extasie, le touche, le tripote et se le passe, de main en main, de nain en nain, tout en faisant des commentaires appuyés auquel Cullinan n’entend rien… Il n’y a plus qu’une seule chose qui lui vient à l’esprit, c’est que ça y est… Sa vie pépère est finie…

undefinedEt il a raison Cullinan, de penser ainsi, car très vite, les nains l’emmènent pour le montrer à la grognasse blanchâtre et cuisinière pour deux sous qui vit avec eux ; la pauvre, d’ailleurs, en le voyant, s’effondre, morte de stupeur, ce qui plonge aussitôt les nains dans une tristesse sans retour. Ils ne veulent plus en aucun cas conserver ce diamant de malheur, et se débarrassent du caillou, en le refilant au roi d’Angleterre Édouard le septième.

En voyant Cullinan, le plus gros diamant naturel du monde, Édouard VII, bien évidemment, fait dans son froc et ordonne de faire tailler notre ami du jour en 105 pièces, la plus grosse d’entre elle, Étoile d’Afrique, étant destinée à orner le sceptre du roi d’Angleterre… Aujourd’hui, Cullinan peut briller de ses milliers de facettes à tous les coins du monde, il est adulé, admiré, convoité, photographié sous tous les angles, mais quoiqu’on lui propose et quelque traitement qu’on lui fasse, pour l’éternité qui lui reste à exister, il regrettera toujours… son petit nid douillet…

                                                undefined

Voir le 20 janvier 1892
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par Ephemeridiae publié dans : Deux Milliards d'Histoires communauté : Les mots dans tous leurs états
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