Rennes, Lyon, Marseille, Paris, Reims, Toulouse... Les noms font rêver quand on est adepte d'urbanité. Les voitures vocifèrent, les gaz d'échappement fendent l'air, les lumières brillent et
scintillent, l'ambiance sonore s'égaie dans des décibels assumés et le bruit s'engouffre, il envahit l'être, le pénètre et transpire de lui dans une conjonction diabolique d'odeurs et de sons. Le
citadin aime l'agitation, le mouvement, le danger, la ferveur et la fureur... Il craint le calme et la tranquillité, la couleur d'un ciel étoilé un soir de pleine lune, les petits oiseaux qui
chantent et surtout l'air pur... Ca le rend nauséeux.
Alors, quand le citadin s'échappe de son havre de paix et d'amour de la maladie mortelle patente et sous-jacente, quand il découvre un monde à sa
portée mais auquel il ne voulait songer, quand il comprend qu'on peut vivre dans un ailleurs qui ne lui ressemble en rien, il gamberge, il s'interroge, se questionne et se creuse la cervelle, il
se déplace, veut se rendre compte de ses propres mirettes, puis il aligne, il conspue, il crache et retourne dans son canapé, pour peu qu'il en ait réellement bougé.
Le citadin exècre la campagne quand elle sort des cartes postales, il se complaît à ridiculiser son petit nom, sa densité, sa population et les bars qu'elle fréquente, tandis qu'il s'étonne
allègrement du fait que chez les ruraux, oui madame, on connaît l'électricité, qu'on a même la télé, et que bien souvent, on l'éteint pour vaquer à des occupations certainement plus
passionnantes...
Car vivre dans une commune rurale, c'est une expérience unique, un plaisir certain, un enrichissement inaltérable ! Vivre dans une commune rurale, c'est connaître le chant du coq, le glas
des églises, l'entraide et la solidarité, le voisinage investi dans votre vie, le facteur et ses étrennes, l'idiot du village et
l'épicerie-dépôt-de-pain-tabac-chaussure-pmu-agence-de-voyage-relais-caf-voyante-podologue dont l'ouverture hebdomadaire sait attirer les foules...
La ruralité est très certainement une expérience fascinante : Pas de voitures qui hurlent à la mort, pas de néons qui clignotent à longueur de nuitée, pas de demoiselles qui arpentent les trottoirs, légèrement vêtues ; juste les tracteurs, les vaches et les coquelicots. Les ruraux vivent simplement, ils n'ont pas besoin de toutes ces choses de la ville, de ce côté bling-bling qui remplit l'existence des joyeux urbains... Ils sont de la France d'En Bas et ils l'assument, ils se mouchent dans des carrés de tissu, ils déjeunent à la grande cuiller, ils font du potage même en été et reconvertissent leurs étables en chambres d'hôte... Ils sont heureux, tout simplement.
Alors toi, lecteur assidu de charmant blog à éphémérides, toi, le fanatique de la vie en cité, prends ma main et viens ! Viens découvrir la campagne, la vraie, ses champs et ses blés !
Viens t'ébaudir entre les vaches et les lapins, sauter guillerettement, d'une fleur à une autre, sans souci du temps qui passe ! La ruralité est à ta portée, il ne te suffit que de la
saisir ! Car moi, je t'invite, qu'il s'agisse de Torcé-les-Bouses, de Vélampouille-sous-Belon, de Mirmide-le-Noyau ou de Piscafaille-la-Bataille ! Je veux que tu me rejoignes et que tu
découvres, enfin, ce qu'est le plaisir de vivre en toute ruralité...
Le matin, aux aurores, tu pourras t'éveiller, sortir de ta maison de pierre fendue du toit au plancher et revêtir ta tenue de Cathy la petite fermière ! Armé de ton seau en fer, tu pourras t'approcher d'Hortense, la vache à pois blancs, à qui tu pétriras le pis d'avant en arrière pour en faire sortir son divin nectar ! Puis tu t'occuperas des poules et des canards, des cochons et des moutons, de la grand-mère et des dindons, sans oublier de porter tes oeufs au commerce du village, afin de les troquer contre des denrées de première nécessité...
Ces travaux effectués, tu pourras alors profiter pleinement de ton insertion rurale et joyeuse... Je t'emmènerai voir les arbres, visiter les clairières, te baigner aux fontaines, puis, tous
deux, nous pourrons courir, nus et chantants, d'une fleur à l'autre, d'une abeille à l'autre, d'un bosquet à l'autre, saluant Bambi et sa mère décédée, les papillons multicolores, les éléphants
au vol en rase-motte et les diptères flatulant au vent !
Nous nous égaierons devant le terrier de ce petit lapin bleu aux oreilles rougeoyantes, qui aime à courir dans la forêt ! Nous irons à la chasse à la morue des mares, armés du harpon ancestral que mon père m'a transmis à la suite de son père et du père de celui-ci ! Puis, nous cuisinerons, dans les bois, dans les prés, les vallons et les vallées que nous dévalerons à toute volée sans même se soucier du regard derrière la fenêtre d'en face, parce qu'à la campagne, il n'y a jamais de fenêtre en face !!!
Les vieux nous salueront de leurs galures levées, les vieilles s'amuseront de nos envies passagères, quant aux gosses, ils nous rejoindront dans nos combats de bouses de vaches au principe très
simple : trouver une bouse de vache, la plus belle possible, la prendre en main, la peser, la jauger, la juger, puis faire avec un mouvement de balancier afin de la propulser loin, très
loin, et de préférence à la figure de son partenaire de jeu...
Que d'expériences, dans la ruralité, que de choses qu'on ne peut apprendre en restant face à un DVD ! Laisse donc tomber ton canapé poussiéreux, ami lecteur, et viens goûter enfin à la joie pure et simple, au bonheur sans fioriture, à la cambrousse, pour franchement parler !
Quant à moi, je t'attends, bouteilles à la main et drôles de cigarettes aux lèvres... J'ai la recette, je la connais, je sais les méthodes pour te faire découvrir les vraies joies de la
ruralité ! Je te guiderai, te dirigerai et t'apprendrai l'essentiel ! Grâce à moi, d'accord, tu seras peut-être raide dingue défoncé, mais je te l'assure, il n'y a bien que comme ça,
qu'on peut vraiment apprécier de vivre dans la ruralité.
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Un garçon... Une fille... Après neuf
mois de gestation, toute famille normalement constituée se répand en babillages autour de l'enfant tout juste né, lui souhaitant tout le bonheur du monde, entre autres imbécilités... Quand
l'enfant grandit, par contre, ça se corse. Les nuits sans sommeil se succèdent, les bêtises s'enquillent, les objets fragiles se cassent, les dents font de même, la souris passe et l'enfant se
scolarise paisiblement. Le problème, quand il est encore petit, c'est qu'il faut l'emmener puis venir le chercher, tous les jours, matin, midi et soir, dans son centre d'apprentissage, il faut le
véhiculer et caler sa journée sur l'emploi du temps de cette boule informe aux doigts sales et pleins de morve.
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