Mes amis, aujourd’hui, 1er mai, nous fêtons le travail, nous fêtons saint Travail ! Et oui, que voulez-vous, le travail a droit de citer dans notre calendrier, et rien de tel qu’un jour
chômé pour lui faire sa fête en toute bonne mesure… Ainsi, tous les travailleurs de notre doux pays s’assemblent en ce jour béni par Dieu, pour rendre hommage au travail, tout en glandant pendant
une journée pleine et entière, tandis que Dieu, de son côté, est ravi de voir que tous ses protégés savent rendre grâce pour les bienfaits qu’il a créés, notamment le travail… Pourtant, au
départ, Dieu n’avait pas franchement créé le travail pour faire plaisir aux gens, c’était même une sorte de punition, une punition divine infligée aux premiers occupants de notre douce planète,
parce que Dieu, ils l’avaient un peu gonflé. Mais revenons plutôt au commencement de cette histoire…
Et « au commencement, Dieu créa le ciel et la terre » Genèse 1,1. Genèse 1,1… Euh… Attendez, là, je crois que je suis remonté un peu trop loin dans l’histoire… Alors, voyons
voir… La suite… le ciel et la terre blablabla… le jour et la nuit blablabla… il créa l’homme à son image blablabla… le septième jour, il glande blablabla… Ah, ça y est, voici le bon
passage : le moment où Dieu fait quelques recommandations à Adam et Eve dans le jardin d’Eden :
« Bon, bande de troufions ! Voilà, ça y est, j’ai créé les hommes, et je vous offre un monde tout beau et tout propre pour que vous puissiez vous y
balader à poil et à loisir ! Dans ce joyeux monde d’Eden, tout vous est offert, tout vous est permis, même la sodomie ! Par contre, vous voyez le pommier, là-bas ? Interdit d’y
toucher ! Les pommes, c’est pour ma poire, alors interdiction formelle d’en becqueter, hein ? Et puis de toute façon, les pommes, ça refile des coliques… Alors vous n’y touchez pas, et
allez baiser ailleurs ! »
Dociles, les deux premiers êtres de notre humanité s’étaient donc éloignés du pommier et commençaient à s’atteler à la tâche que leur avait confié Dieu, quand était arrivé le serpent. Le serpent,
il faut dire qu’il avait un peu l’âme d’un voyeur, et ça faisait un sacré bout de temps qu’il reluquait la croupe d’Eve. Alors une fois le coït terminé, il s’était approché de la jeune femme et
avait trouvé le moyen pernicieux de la convaincre d’aller jusqu’au pommier. En plus de ça, le serpent, il en voulait encore à Dieu de ne pas lui avoir fait de pieds, alors il voulait se
venger.
Bien évidemment, Eve, cette gourdasse, s’était exécuté. Elle trouvait sympa l’idée de rapporter des pommes à son mari, mari qui avait d’ailleurs goûté sans vergogne aux fruits défendus. Mais là,
juste là et à cet instant précis, ce fut le drame... En fait, il faut savoir que Dieu avait installé une sorte d’alarme sur son pommier, histoire d’être sûr de ne rien se faire chaparder, et dès
que les fruits avaient été dérobés, un voyant lumineux s’était allumé au-dessus de bureau divin, au Paradis.
En voyant ça, Dieu entra dans une colère noire ! Ces foutus humains avaient déjà trouvé le moyen de lui désobéir ! Mais quel bande d'imbéciles ! « Alors si c’est comme ça, s’écria Dieu, je vais les punir !!! Je vais te leur sortir mon gros doigt du ciel, et ils vont
apprendre comment je m’appelle ! »
Sans attendre une minute de plus, Dieu avait ainsi dépêché l’archange Gabriel au Paradis, pour virer ces deux indésirables, et pour les rejeter sans autre formalité dans la bouillasse immonde qui
se trouvait à l’entrée, au-delà du paillasson avec marqué « Bienvenue » sur le dessus. Puis, était arrivée la sentence divine : « Pour vous
punir, bande de sacripants et de feignasses, je vais inventer le travail ! Adam, tu devras gagner ta croûte à la sueur de ton front, et je te jure, ça va être pénible ! Quant à toi,
Eve, je te réserve un travail encore plus réjouissant ! Tu enfanteras dans la douleur et le travail durera des heures et des heures, longues et pénibles, pendant lesquels tu n’entendras que
la voix d’une grosse dame qui te dira « Pousse !!! ». Et, ma fille, tu pousseras, encore et encore, car je n’inventerai sainte Péridurale que dans des millénaires, tu vas en
chier ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! »
Dieu avait ensuite ressorti son gros doigt du ciel pour laisser Adam et Eve dans leur nouveaux ennuis, le travail était ainsi né. Par la suite, la pénibilité du travail ne put aller qu’en
augmentant avec l’âge de notre planète. A chaque fois qu’une nouvelle invention censée aider au bonheur et à l’accomplissement de l’homme était créée, à chaque fois, elle était accompagnée d’une
nouvelle pénibilité du travail : la charrue et le servage, le charbon et les mines, la révolution industrielle et le travail à la chaîne, les chaussures Nike et les petits coréens.
Mais il semble, en fait, que l’homme se soit habitué au travail et qu’il développe avec lui un certain rapport de soumission masochiste ! En effet, si le travail fait si mal que ça, pourquoi
l’homme s’évertue-t-il à en vouloir un coûte que coûte ! Pourquoi descend-il dans la rue, hurle-t-il sa haine et bloque-t-il les universités, pour réclamer du travail ? Pourquoi
n’a-t-il que le travail en tête, en cette période de baisse du pouvoir d'achat ? Et, dernière question, si Dieu a créé le travail en guise de punition, pourquoi les hommes, quelques
millénaires plus tard, déclarent-ils que le travail est saint et qu’il faut le fêter tous les ans le 1er mai ?
Méditez donc là-dessus, chers amis, chers lecteurs, devant votre brin de muguet et vos doigts de pieds en éventail, en ce jour divinement chômé… Et ne vous en faîtes pas, même si demain, ce n’est
plus le 1er mai, le travail, en fait, c’est tous les jours sa fête…
Voir la vie de sainte Alida
Aller à l'Index des Saintes Chroniques
ajouter un commentaire commentaires (5) recommander



Commentaires Récents