Ferdinand… Saint Ferdinand… Saint Ferdinand III, le saint…
Aujourd’hui, mes amis, dans cette sainte chronique, menu royal ! Je dirais même plus… Menu royal de luxe, puisque saint Ferdinand, notre saint du jour, non content d’être saint, était en
plus roi ! Si, si ! Pas impératrice, roi, pas qu’à saint Louis, cette prérogative ! D'autant qu'il y a eu d’autres people à être rois et saints à la fois (Gontran, Clotilde,
Mathilde, Isabelle, on en reparlera ici prochainement), et c’est le cas de notre saint du jour, Ferdinand, roi de Castille et de Léon, ou tout du moins, de ce qui reste de chrétien en Espagne au
XIIIème siècle…
Parce que longtemps, rappelons-le, l’Espagne a été sous domination musulmane et, au XIIIème siècle, tout le sud du pays est encore aux mains de ces horribles Maures ! Ah… Les Maures… Peuple
barbare et sanguinaire… Peuple belligérant et vindicatif… Peuple de Dieu, marche joyeux… Et surtout, peuple migrateur et colonisateur ! Pour sûr, c’est du bon peuple qui bouge, et qui a même
été, tenez-vous bien, jusqu’à nous envahir, nous, pauvres petits français, avec notre baguette de pain, notre béret sur la tête et nos aisselles qui puent ! Fort heureusement, ces espèces de
Maures ont été stoppés nets par un gars qui passait par-là, en 732 – Charles Martel – ils sont retourné de l’autre côté des Pyrénées et, en souvenir de cet événement, ainsi qu’en cas de nouvelle
invasion musulmane, un bastion a été érigé pour les stopper net dans une éventuelle nouvelle avancée, au Puy du Fou avec à sa tête l’honorable chevalier De Villiers.
Je vous l'accorde, la vision que je viens de vous
exposer, c’est celle qu’ont tous les chrétiens au XIIIème siècle, alors que les Maures, au final, ils sont comme vous et moi ! Non, ils ne passent pas leur temps à pousser des cris de bête
comme s’ils étaient en pleine période de rut, non, ils ne se gargarisent pas de pseudo-conquêtes aussi fallacieuses que les seins d'Ophélie Winter, oui, ils font pipi et caca comme tout le monde,
comme le Pape aussi, oui, et même, ils se lavent les mains après ! En gros, ils sont tout comme nous, si ce n’est la couleur, la langue… et bien sûr la religion…
Mais pour Ferdinand, les Maures, ils ont une tête qui ne lui revient pas. Il n’y a rien de vraiment très catholique dans leur façon d’être, ce serait peut-être pas mal de les refouler aux
frontières… Et pourquoi pas, même, de l’autre côté de la mer ? C’est ainsi que Ferdinand, notre héros du jour, le décide : son destin sera de bouter les Maures hors d’Espagne et d’en
retirer les lauriers de la sainteté !
Beau projet qu’a là Ferdinand, mais pour la réalisation, c’est un
peu plus compliqué, parce que depuis 8 siècles, les Maures, ils ont tout squatté, c’est un peu comme s’ils étaient chez eux, au final. Ils sont passé des tentes de camping à des habitations un
peu plus en dur, du réchaud à gaz à la cuisinière équipée, des sanibroyeurs au tout à l’égout, du poste de radio à la télé câble et satellite ! Ils en sont bien à la 27ème génération
présente sur le territoire, mais qu’à cela ne tienne, Ferdinand veut les combattre !
Il enfile ainsi sa cotte de maille, ses boots renforcées par-dessus ses poulaines, il prend sa lance, son écu, revêt son heaume, et envoie moult émissaires par-delà les montagnes, par-delà les
vallées, pour recruter nombre d’hommes afin de mener la guerre qui doit le déclarer saint. Au bout de quelques mois, le dispositif est enfin prêt, et Ferdinand se met au travail. Sournoisement,
il se rapproche de chacun des étrangers, avec son armée, et dès qu’il en sent un en position de vulnérabilité, il s’écrie : « Eh ! Toi, Mustapha ! Tes
papiers ! » Ferdinand trépigne d’impatience et de joie dissimulée et, devant le refus du Maure d’obtempérer, allez hop, un coup vigoureux de poulaine dans le tréfonds de son
anatomie, vol plané par-dessus la Méditerranée, ciao bye bye, et surtout ne revient jamais !
C’est une vraie croisade qu’entame alors Ferdinand… Jamais il
ne veut prendre de repos, il y aura toujours des étrangers à expulser… Oui, mes amis, expulsons tous en choeur ! Oui, chers hidalgos, reconquérons notre doux pays ! En un mot, oui,
l’Espagne, aimez-la, ou bien quittez-la ! Devant ce slogan fort original, Ferdinand ne se sent plus pisser ! Chaque jour, il voit ses armées casser du Maure et l’éjecter par les
fenêtres du royaume, chaque jour, ce sont des dizaines et des centaines d’étrangers qui se font virer ! Ferdinand exulte, Ferdinand est ravi, Ferdinand saute de joie, Ferdinand est tellement
heureux qu’il en finit même par éjaculer dans le fin fond de son pantalon !
C’est donc le slip souillé que Ferdinand finit sa vie et monte au
Paradis, après avoir combattu les Maures toute sa vie ! A sa mort, l’invasion musulmane ne se limite plus qu’aux enclaves de Cordoue et de Séville, et l’Espagne a presque entièrement
retrouvé sa liberté. La biographie de saint Ferdinand s’édite alors à pleines brassées, fait des émules, puis finit par être oubliée, la doctrine de Ferdinand commençant à être moralement
dépassée… Encore que, il y a quelques années, elle a encore pu bercer les enfances respectives des petits Jean-Marie, Marine, Philippe, Charles, Brice ou encore Nicolas...
Alors… A chaque Ferdinand qui lit ces quelques lignes... Qu’il ne voit que par sa propre couleur, ou qu’il pense que la meilleure c’est celle qui est dans les coeurs, je n’ai qu’une chose à lui
dire : « Aujourd’hui, Ferdinand… Ca va être ta fête ! »

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« Qu'ouïs-je ? Qu'entends-je ?
Qu'acoustiquais-je ? Quelle est cette voix en ma chaste oreille et que me demande-t-elle ? » Jeanne d'Arc s'interroge, alors que saint Michel, sainte Catherine et sainte
Marguerite ne cessent de lui susurrer leur envie de la voir bouter l'anglais hors de France. Jeanne, frêle et naïve, gardienne de moutons et pucelle de son état, s'arme ainsi et part en guerre,
ne se doutant pas de combien cette histoire peut bien sentir le roussi...
Reprenons les bonnes habitudes,
Hagard... Vitreux...
Nauséeux... Des heures et des jours... Des nuits sans sommeil, agité, angoissé... Se demandant toujours quand ? Pourquoi ? Et traînant inlassablement, le ventre noué, l'estomac
retourné. Ca fait trois semaines... Trois semaines de vide... Trois semaines de désert... Trois semaines d'oubli... Pourquoi suis-je ainsi délaissé ? Pourquoi m'a-t-on abandonné ?
Quelqu'un m'en veut-il vraiment ? Je suis en manque et je le sais... J'ai besoin de ma dose et je hurle... Je ne suis pas sevré, je suis plus que stressé...
Je l'avais pourtant
regardé, dans mon ancien chez moi, je lui avais tendu la main et proposé de venir, mais elle n'avait voulu, ses numéros devant rester régionaux. Je ne la dérangeais pas, m'avait-elle signifié,
elle s'était même habitué à ma présence... Elle aimait m'apporter une ouverture sur le monde, des éclaircissements insoupçonnés ou encore de nouvelles amitiés, mais elle était sous la coupe d'un
indicatif bien précis, alors je devais la laisser.
Ca avait commencé
doucement... Tout d'abord, des démangeaisons, des envies passagères... Décrocher le téléphone en quête de la tonalité, tenter de s'élancer sur la toile mais très vite se retrouver bloqué, et
tourner en rond... Tourner en rond en attendant ce moment fatidique qui enfin vous donnerait votre accès... Attendre... Ne faire qu'attendre...
« Où est ma
dose ??? » s'écrie-t-il en faisant des lambeaux de sa chemise immaculée... « Qui me veut du mal ??? » Eructe-t-il aussi, recherchant le complot... L'homme moderne est en
manque, il perd ses repères, délire, et s'injecte les yeux de sang, il n'est plus contrôlable. Alors il sort dans la rue, redécouvre cet univers familier qui pourtant l'interpelle... Où est
passée la virtualité ? Comment peut-on réellement vivre dans un monde physique ? Où sont donc les émoticônes et le langage abrégé ? L'homme en manque ne sait plus s'exprimer, il
est perdu...
Un jour enfin, le
calvaire prend fin. Un bouton s'allume, un téléphone s'anime, l'homme en manque et délaissé ne réalise pas... Le voyant clignote, appelle, interpelle l'oeil vitreux, se fait insistant et
l'intéressé comprend enfin... La vie revient, l'écran s'allume. A mesure que l'ordinateur reprend des couleurs, le visage de l'homme en manque s'anime, s'illumine de cet espoir retrouvé, de cette
chaîne qu'à nouveau il passe à son poignet, et de ces heures qu'il va pouvoir dépenser, sans compter.
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