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  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du momentSaint Elisée, fêté le 14 Juin.  
La Date du moment : Le 1er juillet 1766, L'exécution du Chevalier de la Barre.   undefined
Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.  
Le Billet du momentRimaillage n°1, Scène de Taverne...  
Les 10 du moment10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines dents... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires
... [Tout sur l'auteur, ici]

Vendredi 30 mai 2008


Ferdinand… Saint Ferdinand… Saint Ferdinand III, le saint… Aujourd’hui, mes amis, dans cette sainte chronique, menu royal ! Je dirais même plus… Menu royal de luxe, puisque saint Ferdinand, notre saint du jour, non content d’être saint, était en plus roi ! Si, si ! Pas impératrice, roi, pas qu’à saint Louis, cette prérogative ! D'autant qu'il y a eu d’autres people à être rois et saints à la fois (Gontran, Clotilde, Mathilde, Isabelle, on en reparlera ici prochainement), et c’est le cas de notre saint du jour, Ferdinand, roi de Castille et de Léon, ou tout du moins, de ce qui reste de chrétien en Espagne au XIIIème siècle…

Parce que longtemps, rappelons-le, l’Espagne a été sous domination musulmane et, au XIIIème siècle, tout le sud du pays est encore aux mains de ces horribles Maures ! Ah… Les Maures… Peuple barbare et sanguinaire… Peuple belligérant et vindicatif… Peuple de Dieu, marche joyeux… Et surtout, peuple migrateur et colonisateur ! Pour sûr, c’est du bon peuple qui bouge, et qui a même été, tenez-vous bien, jusqu’à nous envahir, nous, pauvres petits français, avec notre baguette de pain, notre béret sur la tête et nos aisselles qui puent ! Fort heureusement, ces espèces de Maures ont été stoppés nets par un gars qui passait par-là, en 732 – Charles Martel – ils sont retourné de l’autre côté des Pyrénées et, en souvenir de cet événement, ainsi qu’en cas de nouvelle invasion musulmane, un bastion a été érigé pour les stopper net dans une éventuelle nouvelle avancée, au Puy du Fou avec à sa tête l’honorable chevalier De Villiers.

Je vous l'accorde, la vision que je viens de vous exposer, c’est celle qu’ont tous les chrétiens au XIIIème siècle, alors que les Maures, au final, ils sont comme vous et moi ! Non, ils ne passent pas leur temps à pousser des cris de bête comme s’ils étaient en pleine période de rut, non, ils ne se gargarisent pas de pseudo-conquêtes aussi fallacieuses que les seins d'Ophélie Winter, oui, ils font pipi et caca comme tout le monde, comme le Pape aussi, oui, et même, ils se lavent les mains après ! En gros, ils sont tout comme nous, si ce n’est la couleur, la langue… et bien sûr la religion…

Mais pour Ferdinand, les Maures, ils ont une tête qui ne lui revient pas. Il n’y a rien de vraiment très catholique dans leur façon d’être, ce serait peut-être pas mal de les refouler aux frontières… Et pourquoi pas, même, de l’autre côté de la mer ? C’est ainsi que Ferdinand, notre héros du jour, le décide : son destin sera de bouter les Maures hors d’Espagne et d’en retirer les lauriers de la sainteté !

Beau projet qu’a là Ferdinand, mais pour la réalisation, c’est un peu plus compliqué, parce que depuis 8 siècles, les Maures, ils ont tout squatté, c’est un peu comme s’ils étaient chez eux, au final. Ils sont passé des tentes de camping à des habitations un peu plus en dur, du réchaud à gaz à la cuisinière équipée, des sanibroyeurs au tout à l’égout, du poste de radio à la télé câble et satellite ! Ils en sont bien à la 27ème génération présente sur le territoire, mais qu’à cela ne tienne, Ferdinand veut les combattre !

Il enfile ainsi sa cotte de maille, ses boots renforcées par-dessus ses poulaines, il prend sa lance, son écu, revêt son heaume, et envoie moult émissaires par-delà les montagnes, par-delà les vallées, pour recruter nombre d’hommes afin de mener la guerre qui doit le déclarer saint. Au bout de quelques mois, le dispositif est enfin prêt, et Ferdinand se met au travail. Sournoisement, il se rapproche de chacun des étrangers, avec son armée, et dès qu’il en sent un en position de vulnérabilité, il s’écrie : « Eh ! Toi, Mustapha ! Tes papiers ! » Ferdinand trépigne d’impatience et de joie dissimulée et, devant le refus du Maure d’obtempérer, allez hop, un coup vigoureux de poulaine dans le tréfonds de son anatomie, vol plané par-dessus la Méditerranée, ciao bye bye, et surtout ne revient jamais !

C’est une vraie croisade qu’entame alors Ferdinand… Jamais il ne veut prendre de repos, il y aura toujours des étrangers à expulser… Oui, mes amis, expulsons tous en choeur ! Oui, chers hidalgos, reconquérons notre doux pays ! En un mot, oui, l’Espagne, aimez-la, ou bien quittez-la ! Devant ce slogan fort original, Ferdinand ne se sent plus pisser ! Chaque jour, il voit ses armées casser du Maure et l’éjecter par les fenêtres du royaume, chaque jour, ce sont des dizaines et des centaines d’étrangers qui se font virer ! Ferdinand exulte, Ferdinand est ravi, Ferdinand saute de joie, Ferdinand est tellement heureux qu’il en finit même par éjaculer dans le fin fond de son pantalon !

C’est donc le slip souillé que Ferdinand finit sa vie et monte au Paradis, après avoir combattu les Maures toute sa vie ! A sa mort, l’invasion musulmane ne se limite plus qu’aux enclaves de Cordoue et de Séville, et l’Espagne a presque entièrement retrouvé sa liberté. La biographie de saint Ferdinand s’édite alors à pleines brassées, fait des émules, puis finit par être oubliée, la doctrine de Ferdinand commençant à être moralement dépassée… Encore que, il y a quelques années, elle a encore pu bercer les enfances respectives des petits Jean-Marie, Marine, Philippe, Charles, Brice ou encore Nicolas...

Alors… A chaque Ferdinand qui lit ces quelques lignes... Qu’il ne voit que par sa propre couleur, ou qu’il pense que la meilleure c’est celle qui est dans les coeurs, je n’ai qu’une chose à lui dire : « Aujourd’hui, Ferdinand… Ca va être ta fête ! »



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par Ephemeridiae publié dans : Saintes Chroniques communauté : Au fil des mots
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Samedi 24 mai 2008


ATTENTION : Jouez avec le nouveau thème à la fin de l'article !

« Qu'ouïs-je ? Qu'entends-je ? Qu'acoustiquais-je ? Quelle est cette voix en ma chaste oreille et que me demande-t-elle ? » Jeanne d'Arc s'interroge, alors que saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite ne cessent de lui susurrer leur envie de la voir bouter l'anglais hors de France. Jeanne, frêle et naïve, gardienne de moutons et pucelle de son état, s'arme ainsi et part en guerre, ne se doutant pas de combien cette histoire peut bien sentir le roussi...

Saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite... Des anges du ciel, des saints exemplaires, des voix qui donnent envie à tout un chacun de se battre pour des choses justes, ou tout du moins contre des rosbifs... Ces trois personnages se font la fine fleur du Paradis et savent faire en sorte que la pucelle se batte, il était donc logique que Dieu les envoie à la petite...

Fort heureusement, Dieu ne s'est pas planté... Car au Paradis, comme ailleurs, d'ailleurs, il y a des voix qu'il ne faut pas écouter, des voix auxquelles il ne faut aucunement faire confiance, des voix qu'il vaut mieux faire taire, sans quoi la France, au temps de Jeanne d'Arc, aurait bien pu rester sous le joug anglais.

C'est ainsi que pendant plusieurs semaines, sur Ephemeridiae – le sympathique blog à éphémérides – les esprits se sont échauffés, les neurones se sont aiguisés, les doigts se sont astiqués afin de définir quelles voix, si elles avaient parlé à Jeanne d'Arc, à l'époque, auraient fait que la France reste anglaise. Remercions ainsi les cogiteurs du jour (Chana, Eupraxius, M. Patate, Nymphea, Steven et Vanessa) et apprécions avec eux ce palmarès des 10 voix qui, si elles avaient parlé à Jeanne d'Arc... enfin... Vous connaissez la suite, quoi !


Voix n°1 par M. Patate :
Johnny Halliday. Susurrer à Jeanne les premières mesures de « Allumer le Feu », ça refroidit, non ?

Voix n°2 par Steven
 : Margareth Thatcher. Rigueur et gant de fer, austérité et froideur, de quoi glacer n'importe laquelle des pucelles...

Voix n°3 par Ephemeridiae :
Père Dodu. Très certainement une histoire de viande au barbecue qui serait mal passée...

Voix n° 4 par Nymphea :
Saint Nicolas. Dialogue rapporté :

- Jehane ! Jehane!
- Qu'oui-je ? Ah ! Mon dieu ! Qui êtes vous ?
- Je suis saint Nicolas... Je protège la veuve et l'orphelin, et je veux que toute bergère augmente son troupeau... Investit dans l'ovin !
- Mais je ne bois pas bon saint Nicolas !
- Pas dans le vin... Dans la bête laineuse, sotte ! Les anglais achèteront tes toisons et tu te feras une bonne pelote, écoute moi Jehane ! Investit, ne brûle pas toutes tes cartouches... Ne brûle pas ? Jehane !

Voix n°5 par Steven :
Mr Bean. Il aurait grommelé à l'oreille de la jeune femme, et ce bourdonnement incessant, Dieu que c'est agaçant ! Autant se mettre de la laine de mouton dans les esgourdes !

Voix n°6 par Ephemeridiae :
Macha Béranger. En entendant le très fameux « Bonsoir, c'est Macha », la jeune fille aurait senti le besoin de déballer l'ensemble de sa vie et n'aurait plus eu le temps de bouter l'anglais hors de France, avec toutes ses séances de thérapie.

Voix n°7 par M. Patate :
Luc Besson. Il lui aurait lu les premières pages du scénario de son film et, c'est sûr, elle serait restée à garder ses moutons...

Voix n°8 par Steven :
Madonna. Jeanne est dans son champ de mouton, elle surveille son troupeau. Soudain, le ciel s'obscurci et une voix, comme un gémissement ou une longue plainte, descend du ciel et s'écrie « Like a virgin »... Qui n'aurait pas pris peur ?

Voix n°9 par Eupraxius :
Jean-Marie Le Pen. S'il avait dit à Jeanne ce qu'il comptait faire d'elle et de son image quelques centaines d'années plus tard, la pauvre aurait réfléchi à deux fois avant de libérer la France...

Voix n°10 par Ephemeridiae :
Super-Mouton. Aaaaaahhhhhh !!!!! Un mouton qui parle et qui vole et qui porte des collants moulants !!!!!!


Reprenons les bonnes habitudes, c'est maintenant à vous de jouer ! Pour la prochaine fois, un nouveau thème, un nouveau sujet de réflexion, je vous propose de cogiter afin de trouver 10 bonnes raisons de souhaiter la mort des schtroumpfs... Soyez incorrects, irrévérencieux, malsains, sans tabous, pleins de bile et surtout d'humour, afin d'expliquer le pourquoi du comment quant à la mort prématurée de ces petits êtres bleus qui passent leur temps à schtroumpfer.

Je vous donne jusqu'au samedi 7 juin, midi, pour faire vos propositions (les plus nombreuses possibles, bien évidemment) pour une publication des 10 qui m'auront fait le plus rire et sourire le 8 juin prochain.

Schtroumpfez-bien sur le sujet et à vos schtroumpfs ! Bonne schtroumpfe !


Voir les 10 bonnes raisons d'oublier d'aller chercher son enfant à l'école un jour de pluie
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par Ephemeridiae publié dans : Le Club des 10 communauté : Humour de tout genre
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Mercredi 21 mai 2008


Hagard... Vitreux... Nauséeux... Des heures et des jours... Des nuits sans sommeil, agité, angoissé... Se demandant toujours quand ? Pourquoi ? Et traînant inlassablement, le ventre noué, l'estomac retourné. Ca fait trois semaines... Trois semaines de vide... Trois semaines de désert... Trois semaines d'oubli... Pourquoi suis-je ainsi délaissé ? Pourquoi m'a-t-on abandonné ? Quelqu'un m'en veut-il vraiment ? Je suis en manque et je le sais... J'ai besoin de ma dose et je hurle... Je ne suis pas sevré, je suis plus que stressé...

Depuis trois semaines, j'ai changé de ville, changé de vie, changé d'horizon, laissant là quelques cartons, emportant ailleurs ce qui composait ma maison. Les plantes ont été ramassées, les livres se sont empilés, les disques se sont assemblés, la télé, le frigo, la radio, tout est parti, tout, même l'ordinateur. Mais la connexion... Cette divine connexion à la toile, aux réseaux bouillonnants des envies passagères, me laisse m'en aller, ne souhaitant m'accompagner...

Je l'avais pourtant regardé, dans mon ancien chez moi, je lui avais tendu la main et proposé de venir, mais elle n'avait voulu, ses numéros devant rester régionaux. Je ne la dérangeais pas, m'avait-elle signifié, elle s'était même habitué à ma présence... Elle aimait m'apporter une ouverture sur le monde, des éclaircissements insoupçonnés ou encore de nouvelles amitiés, mais elle était sous la coupe d'un indicatif bien précis, alors je devais la laisser.

J'étais triste, j'avais envie de pleurer tant je m'étais attaché à elle... Que de moments avions-nous connu ensemble ! Que de joies ! Que de peines ! Que de cheveux et de sourires arrachés ! C'était le bon temps et je ne l'avais vu filer...

La tête dans mes cartons, j'ai tout fait pour ne pas penser à mon ancienne connexion. Résolument, je me tournais vers l'avenir, essayant de la remplacer, essayant de nouer une nouvelle amitié, mais rien ne venait. Jamais mon ordinateur n'accrochait un réseau, jamais la toile ne voulait l'épingler, il restait de côté, et moi, je sentais le manque me gagner...

Ca avait commencé doucement... Tout d'abord, des démangeaisons, des envies passagères... Décrocher le téléphone en quête de la tonalité, tenter de s'élancer sur la toile mais très vite se retrouver bloqué, et tourner en rond... Tourner en rond en attendant ce moment fatidique qui enfin vous donnerait votre accès... Attendre... Ne faire qu'attendre...

Mais au bout d'un moment, l'attente est trop longue, le manque est prégnant et les besoins naturels se font sentir... L'homme délaissé, ce moi dont on ne peut plus parler qu'à la troisième personne du singulier, cet être moderne et d'habitude avenant se recroqueville sur lui-même, se perd dans ses pensées, s'énerve pour un rien et fait sa crise...

« Où est ma dose ??? » s'écrie-t-il en faisant des lambeaux de sa chemise immaculée... « Qui me veut du mal ??? » Eructe-t-il aussi, recherchant le complot... L'homme moderne est en manque, il perd ses repères, délire, et s'injecte les yeux de sang, il n'est plus contrôlable. Alors il sort dans la rue, redécouvre cet univers familier qui pourtant l'interpelle... Où est passée la virtualité ? Comment peut-on réellement vivre dans un monde physique ? Où sont donc les émoticônes et le langage abrégé ? L'homme en manque ne sait plus s'exprimer, il est perdu...

C'est ainsi qu'à mon image lors de ces dernières semaines, il erre, se balance d'un trottoir à l'autre, cherchant l'occupation, cherchant l'inspiration, la sortie du tunnel. Il n'ose plus regarder ses vecteurs de communicabilité, il ne veut plus être déçu, il ne veut plus nourrir d'espoirs vains et d'illusions perdues... Il s'accroche à ses souvenirs et se paye un cyber deux fois par semaine, la métadone du bloggeur en mal d'accessibilité.

Un jour enfin, le calvaire prend fin. Un bouton s'allume, un téléphone s'anime, l'homme en manque et délaissé ne réalise pas... Le voyant clignote, appelle, interpelle l'oeil vitreux, se fait insistant et l'intéressé comprend enfin... La vie revient, l'écran s'allume. A mesure que l'ordinateur reprend des couleurs, le visage de l'homme en manque s'anime, s'illumine de cet espoir retrouvé, de cette chaîne qu'à nouveau il passe à son poignet, et de ces heures qu'il va pouvoir dépenser, sans compter.

A présent, l'homme en manque est redevenu l'homme, tout simplement. Dans ses nouveaux appartements, il a retrouvé ce qu'il était, il s'est recalé dans les pas de ce qu'il avait quitté et laissé de côté... Trois semaines de sevrage mais pour lui, une éternité... Comme quoi, au final, l'homme moderne ne sait bien vivre qu'enchaîné, au boulet de sa connectivité.


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : La récréa - Bigornette
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