Vendredi 2 novembre 2007
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Aujourd’hui, 2 novembre,
c’est le jour des morts, le jour qui est dédié à la prière aux morts. Et attention, amis lecteurs, il ne faut surtout pas prendre à la légère ce jour particulier car les pauvres trépassés, ils en
ont plutôt besoin… Non, parce qu’il est d’usage de croire que la vie d’un mort, après sa mort, ça a quelque chose de facile et de pas très transcendant : le coup du grand tunnel blanc...
Classique… Les anges qui jouent de la trompette... Mouais… Les lumières qui brillent dans tous les sens, et pourquoi pas une boule à facettes aussi… enfin… Tout un tralala qui vous trompe bien,
car sachez, chers lecteurs, que la réalité de la mort, c’est un peu loin de tout ça…
Déjà, la mort en elle-même, ça ne ressemble pas trop à ce qu’on s’imagine. Les plus pragmatiques d'entre vous diront que quand on est mort, on est mort, c’est fini, voilà, point… Et bien non, ce
n’est pas fini ! Par contre, pour tous les décalqués du bulbe qui pensent à une théorie mystique de l’après-vie, désolé de vous décevoir, c’est raté aussi…
En fait, la réalité de la mort, ça ressemble beaucoup à la réalité de la vie… Oui, c’est un peu pathétique. Déjà... Qui viendra vous chercher quand vous serez mort ? Grande question… Un
grand type lugubre et habillé tout en noir, style le valet de la famille Adams ? Une jeune femme aux cheveux blonds qui resplendit et étincelle autour d'elle ? Une porte largement
ouverte ?
Et bien rien de tout ça !
Celle qui viendra vous chercher, le jour de votre mort, c’est Colette : 1m20 de haut, 1m20 de large, des seins qui lui tombent au niveau des genoux, des lunettes en forme de papillon
plantées sur le nez, et un air pincé en guise de rictus sur le coin de la bouche. Elle vous regarde comme la dernière des merdes qui vient d’être déversée sur son paillasson, fait un point sur sa
liste pour vérifier que vous faîtes partie du groupe des invités, et vous désigne une file d’attente que vous devez emprunter…
Par contre, emmenez sudokus, mots croisés et autres jeux de lettres, parce que l’attente est plutôt longue... Je peux vous dire qu’aux entrées, ils ne sont pas super pressés : pauses
syndicales régulières, papotages devant le café, et quand c’est pas l’heure, c’est pas l’heure, tu n’avais qu’à pas mourir, d’abord ! Enfin, si vous êtes assez patient, vous arriverez devant
l’agent d’accueil du Purgatoire :
Numéro 432 653. 27 42 bis… Ah, c’est lui ? Il est mort quand le petit monsieur ? Et comment ça s’est fait ? Il
s’est fait renverser par une voiture ? Il ne pouvait pas regarder devant lui, avant de traverser ? Ca sert à quoi les bonshommes de toutes les couleurs sur les passages piétons,
hein ? Oh, et pis qu’il n’aille pas râler, le petit monsieur, parce que sinon, je vais m’énerver, moi, et son séjour au Purgatoire, c’est dans le cul, dans le cul, qu’il va l’avoir son
séjour au Purgatoire… Non mais sans blague !!! Faut pas me titiller, moi !
Le Purgatoire est
en effet le passage obligé pour chaque mort, au moment de sa mort. C’est une sorte de centre de traitement où s’opère le tri des âmes défuntes sous le contrôle attentif des services d'immigration
du Paradis et de l’Enfer, afin de savoir quelle âme doit aller dans l’un ou l’autre des ces lieux.
Longtemps, on s’est demandé comment faire ce choix sans faire d’erreur stratégique, et ce, depuis le moment où Lucifer avait été envoyé au Paradis et qu’on avait dû le rétrograder jusqu’en Enfer.
Cet épisode, ça avait un peu refroidi Satan autant que Dieu lui-même et il fallait trouver une nouvelle solution.
Enfin, un jour que les deux jouaient au poker avec Jésus, Gabriel et Belzébuth et que Marie leur ouvrait la 18ème bouteille de whisky, ils eurent une idée lumineuse : se servir du
Purgatoire pour observer les candidats au Paradis ou à l’Enfer et pour choisir lesquels seraient les plus méritants de chacun des lieux.
L’idée fut donc de mettre
chacun des nouveaux arrivants dans ce Purgatoire, qu’on avait aménagé pour l’occasion en gigantesque loft. On avait disposé des caméras dans chaque recoin de chaque pièce afin d’observer minute
par minute le moindre de leurs gestes, tout était consigné, noté, enregistré sous l'oeil des 157 369 cameras et des 12 648 micros, et était aussitôt retransmis sur des grands écrans au
Paradis et en Enfer.
Derrière ces écrans, les sujets
de chacun des lieux éternels pouvaient voter pour savoir qu’elle âme devait venir les rejoindre ou de quelle âme ils ne voulaient surtout pas. Le sort de chaque défunt était ainsi réglé à la
majorité et l’idée fut aussitôt généralisée. Ce fut un succès sans égal, une réelle réussite, si bien qu’aujourd’hui encore, c’est comme ça que ça se passe pour savoir qui doit s’envoler vers le
Paradis et qui doit échouer en Enfer.
Les âmes défuntes, pour leur part, ne sont au courant de rien de tout ça. Quand elles meurent et qu’elles arrivent au Purgatoire, elles ont comme l’impression d’être là, au Paradis ; mais de
l’autre côté de l’écran, tous ceux qui les regardent, ils savent bien, eux, que ce gigantesque Purgatoire, ça se rapproche plutôt de l’Enfer…
Voir la création de la Toussaint
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Merci beaucoup, Maman!
Quant à Germaine, j'avais que c'est le personnage qui ressemblait le plus à ce que j'imaginais en pensant à Colette...
Bon courage pour tes travaux!