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  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Lundi 7 avril 2008

 

Jean-Baptiste de La Salle… Saint Jean-Baptiste de La Salle… Aujourd’hui, mes amis, dans cette Sainte Chronique, nous allons nous intéresser à un saint qui avait de la suite dans les idées ; à un saint qui était plein d’envie et de motivation ; à un saint qui voulait tout faire pour que les choses se passent bien, mais qui en était empêché par des personnes un peu obtuses du bulbe ; puisque saint Jean-Baptiste de La Salle, notre saint du jour, avait comme envie et comme projet de fonder une école.

L’idée lui était venue comme ça, un matin qu’il était en train de se raser. Il voyait, de la fenêtre de la cellule de son monastère, des bambins courir joyeusement dès les heures matinales, et notre ami du jour se demandait pourquoi ces charmants chiards n’allaient point à l’école… C’est vrai, quoi ! Si on veut que la jeunesse de notre XVIIème siècle avance, il faudrait peut-être l’éduquer, et pas la laisser traîner dans des bas-fonds sordides ! Il faudrait faire quelque chose, il faudrait ouvrir… Pourquoi pas de nouvelles écoles, avec un personnel adapté !

L’idée était plutôt bonne, mais Jean-Baptiste se demandait comment la réaliser. Pendant des jours et des jours, le saint retournait ce projet dans sa tête, et curieusement, plus il y pensait, plus il le trouvait viable. Il ne lui fallait plus que trouver une équipe sympa pour organiser tout cela, ça ne devait pas être si compliqué...

Alors Jean-Baptiste s’était mis à en parler autour de lui, à ses proches, à ses collègues de travail, et la force de conviction de notre saint du jour avait réussi à en convaincre plus d’un de rejoindre le projet. Une petite équipe s’était ainsi retrouvée et elle s’était lancée dans le montage de la première école, sous le haut patronage de saint Jean-Baptiste de La Salle.

Ils avaient peu de temps, ils avaient fait du mieux qu’ils pouvaient avec trois bouts de ficelles, ils avaient même réussi à obtenir des financements et étaient prêts à se lancer, quand leur était tombé dessus l’aristocratie bien pensante de leur société :

     « Dîtes-moi, mon petit Jean-Baptiste de La Salle, « on » nous a rapporté dernièrement votre projet, et nous le trouvons plutôt attirant, mais pourquoi voulez-vous ouvrir l’école à tous les enfants, alors que l’éducation de ceux de notre classe suffit amplement ?… Quel intérêt d’aller handicaper ces jeunes chenapans en les instruisant, alors qu’ils seraient bien mieux à travailler ? « On » m’a dit, aussi, qu’il y avait des failles dans votre projet, bon, peut-être pour vous, des choses sans importance, mais si le projet n’est pas ficelé entièrement, avec toutes les propositions présentées en trois exemplaires individuellement à nos 157 membres, avec toutes les pièces justificatives, et si tout cela n’est pas validé par notre bureau, je vais devoir me retrouver dans l’obligation de tout annuler. « On » m’a dit d’ailleurs, qu’il n’y aurait pas vraiment de retombées pour notre société, alors « on » va tout fermer avant même de commencer, hein ! De toute façon, vous vous seriez planté, mon petit… Ne m’en voulez pas ! C’est comme ça, la vie ! »


Saint Jean-Baptiste de La Salle était littéralement estomaqué par ce discours dégoulinant d’hypocrisie malsaine et de manque de couilles évident. Il était clair que des gens lui en voulait, mais ce gros type obséquieux, face à lui, ne voulait pas lui révéler clairement la nature de son ennemi. Non, il préférait la cacher derrière un « on » répugnant, validant, de fait, toutes les objections de ce grand « on » ; et c'était ce même « on » qui jouait un jeu bizarre et qui s’amusait à faire souffrir notre saint du jour et toute son équipe. « On » n’en avait rien à foutre du travail accompli, « on » s’en fichait royalement de mettre des mois de travaux à la poubelle, et curieusement, il semblait à notre héros que ça plaisait à ce « on », qui ne vivait bien que masqué, de voir tout détruit.

Les « on », sachez qu’il y en a partout, dans notre monde. Ils se cachent, jouent double et peuvent se trouver juste à vos côtés, mais ce n’est que pour mieux vous frapper, mes enfants. « On » ne vit que pour la sournoiserie, pour médire et pour manipuler. « On », c’est celui qui ira toujours se plaindre en premier à ceux qui ont le pouvoir, celui qui n’aura jamais la moindre idée, ou qui ne fera que gamberger, mais qui n’aura jamais les tripes assez solides pour assumer ses projets. En fait, « on » est jaloux de l’envie et de la motivation des autres, de leur engagement et de leur réussite dans leurs projets. « On » ne pense et ne dépense son énergie qu’à la destruction morale et physique de ceux qui ont des envies et qui mettent tout en oeuvre pour les concrétiser, alors que « on » aurait mieux fait de la canaliser pour essayer, lui-aussi, d’avancer.

Alors, à tous les « on » qui lisent ces quelques lignes, sachez bien que mon texte ne vous est pas dédié, et à tous mes amis lecteurs qui aimeraient savoir si Jean-Baptiste de La Salle a réussi ou non à vaincre et à convaincre toute la société bien pensante manipulée par des « on », je ne vous le dirai pas, dans cette sainte chronique, vous irez voir dans un dictionnaire. Mais sachez bien qu’en tout cas, ce n'est pas « on », qui l’y aura aidé.


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par Ephemeridiae publié dans : Saintes Chroniques communauté : Adoptez un mot!
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