Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir
une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...
Le Saint Patron du moment : Saint Elisée, fêté le 14
Juin.
La Date du moment : Le 1er juillet 1766, L'exécution du Chevalier de la
Barre. ![]()
Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.
Le Billet du moment : Rimaillage n°1, Scène de
Taverne...
Les 10 du moment : 10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines
dents...
Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos
commentaires... [Tout sur l'auteur, ici]
Le 11 avril
1995
L'ouverture au public de la
Cathédrale d'Évry
Certaines dates, dans l'Histoire, sont là pour marquer les consciences, et le 11 avril 1995 en fait bien justement partie... Ce jour précis, mes amis, un bâtiment a pu fièrement s'ériger pour
dévoiler au monde l'étendue de sa rotondité ; un peuple a pu renouer avec une tradition longtemps mise de côté ; la Chrétienté s'est dotée d'un nouvel outil de diffusion de sa
doctrine ; puisque le 11 avril 1995, c'est le jour de l'ouverture au public de la Cathédrale d'Évry.
Et des cathédrales toutes neuves, dans notre hexagone aux angles généralement assez obtus, ça faisait un sacré bail qu'on n'avait pu en admirer. De mémoire d'homme, de femme ou de poulet, aucun
exemple ne pointait en tête, si ce n'était la Sagrada Familia, mis à part qu'elle est en Espagne... De plus, sur notre sol français, une cathédrale, il faut que ce soit rutilant, grandiose,
monumental et impressionnant, et surtout, il faut que ce soit construit il y a longtemps, il suffit d'observer la Picardie pour s'en rendre compte.
Pourtant, au XXème siècle, on s'est dit pourquoi pas... Pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi ne pas retenter l'expérience ? Pourquoi ne pas créer une nouvelle cathédrale tout en design et
en région parisienne, la population ne cessant de s'accroître ? En plus de ça, et tel que le constate un certain élu vendéen, les autres religions n'ont pas attendu, elles, pour construire
de nouvelles structures ! Il n'y a qu'à seulement observer le nombre de mosquées qui se trouvent sous l'aéroport de Roissy, c'est significatif ! Alors, la religion chrétienne se doit de
réagir et de construire un bâtiment emblématique, pourquoi pas à Évry !
Derechef, les plus hautes autorités ecclésiales se mirent en quête d'un projet pour leur cathédrale. Elles voulaient d'un truc contemporain, pas d'une imitation du passé, tel qu'on pouvait le
faire au XIXème siècle... Elles voulaient d'un machin rapide à construire, à l'inverse de ces cathédrales gothiques, desquelles, quand elles étaient construites en quelques dizaines d'années, on
trouvait ça preste... Elles voulaient d'une chose dont on ne se moque pas... Parce que la cathédrale de Gaudi, ça commençait à devenir un gag, dans les couloirs du Vatican, du fait de la longueur
d'exécution et du style aujourd'hui obsolète... Elles voulaient enfin un truc fait avec deux bouts de plâtre, un peu de Mako-Moulage et des décalcomanies en guise de décoration, pratique et
accessible, remarquable et inoubliable, une cathédrale pour un XXème siècle finissant, tout simplement...
Longtemps, on chercha un architecte capable de remplir les exigences des autorités ecclésiales, mais aucun français ne correspondait... A chaque fois, les français voulaient utiliser le verre et
la verdure, il valait donc mieux chercher ailleurs... Ce fut ainsi en Suisse que fut trouvé l'architecte de la future cathédrale d'Évry, un homme du nom de Mario Botta. Passionné de formes
simples, adepte de la brique et de l'arbre, homme à la réputation de faire toujours un peu la même chose, Mario Botta était un bon parti, d'autant plus que ses matériaux étaient assez bon marché,
la facture serait moins salée.
Et Mario Botta de s'exécuter... Pendant les trois années que durèrent les travaux de la Cathédrale d'Évry, l'architecte s'affaira entre un cylindre tronqué et des tilleuls sur le toit, entre un
sol en granit noir et des bancs de chêne, une crypte, un baptistère, tout y était, la cathédrale moderne naissait de son esprit et de ses mains, jusqu'à enfin ouvrir ses portes, le 11 avril
1995.
Quand les fidèles pénétrèrent pour la première fois dans l'enceinte de la cathédrale, ils furent ébahis... Quel espace ! Quel point de vue ! Quel architecture ! Et surtout, pas un
seul pilier à l'intérieur de la cathédrale pour cacher la vue, pas d'odeur rance comme dans ces vieilles églises humides, que de nouveautés, chacun en était subjugué ! Alors, les fidèles se
tinrent la main, chantant des psaumes de joie au créateur de ce nouvel espace, priant tous en choeur pour le bonheur du béton et de la brique, s'époumonant dans une liesse générale face à ces
arbres surélevés ! Les fidèles étaient ravis, ils espéraient juste ne pas trop vite se lasser...
13 ans plus tard, les fidèles d'Évry semblent tenir le coup, revenant régulièrement dans cette cathédrale moderne. Quant à saint Corbinien, le saint à qui fut – et est encore – dédiée cette
église, depuis son Paradis, il observe le nouveau lieu avec circonspection, car de là-haut, et c'est ballot, on ne peut voir qu'un simple rond avec des arbres qui en font le tour... Pas de bol
pour lui, il est vrai, mais au final, de saint Corbinien... On s'en tape un petit peu, non ?
Voir le 21 mars 1963
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