Élisée… Saint Élisée… Mes
amis, aujourd’hui, dans cette sainte chronique, on va remonter un petit peu plus dans le temps qu’à l’accoutumée… Quittons fébrilement ces saints des XIXe-XXe siècles qui voyaient apparaître à
tout va la Vierge Marie en bikini bleu ciel avec des étoiles dorées sur le dessus ; survolons joyeusement ces saints des XVIe et XVIIe siècles mystiques patentés ; dépassons
guillerettement ces saints moyenâgeux dont le passe-temps favori était de s’enterrer dans un désert ; ne nous arrêtons même pas, l’espace d’un instant, sur ces saints de la fin de
l’Antiquité, qui adoraient se faire trucider et qui n’étaient heureux que les tripes à l'air… Même Jésus… Allez hop ! Passons-lui par-dessus et remontons encore le temps pour arriver
promptement à l’ère des prophètes…
L’ère des prophètes… Ce temps joyeux et fort cocasse durant lequel les juifs se faisaient réduire en esclavage par les Egyptiens… Ce temps merveilleux et idyllique où pour vivre libre, il fallait
déambuler 40 années dans le désert… L’ère des prophètes… C’était le temps d'Élisée, candidat à la succession du prophète Élie.
Sauf que, comme chacun peut
s’en douter, n’est pas prophète qui veut ! Ce n’est pas parce qu’on passe son temps collé aux basques d’un prophète à lui cirer les sandales de Jésus, qu’on peut soi-même devenir un
prophète ! Non, Monsieur ! Non, Madame ! Pour être prophète, il faut avoir la foi, l’étincelle, la vocation, chose qui ne vient pas de n’importe où ! Ainsi le disait ce grand
philosophe du XXIe siècle, Ophélie Winter, « C’est Dieu qui m’a donné la foi ! »
Et ça, Élisée le savait ! Ca faisait des années qu’il suivait désespérément Élie, dans l’espoir de… Et pourtant, rien ! Dieu ne lui avait jamais rien donné ! Ni la foi, ni le rein,
pas même une boîte de pâté Hénaff, rien. Du coup, Élisée commençait à enrager, Élie se faisant plutôt âgé, et personne n’ayant encore été « « appelé » » pour le
remplacer.
Élisée s’impatientait... Rien ne l’énervait plus que de ne pas savoir ce qui allait lui arriver… Il stressait, angoissait, retournait sans cesse sa bile et son problème dans sa tête, puis tentait
de se soulager, d'évacuer toute cette rancoeur. Notre saint du jour avait d'ailleurs une méthode plutôt efficace : A l'image d'Adam chaque matin face à Eve, il partait labourer.
Travailler la terre, ça
lui faisait un bien fou ! Il ne se sentait apaisé que quand il était dans ses champs, Élisée. Il retournait son terrain et ne pensait plus à rien, il se sentait l’âme d’un Charles Ingalls,
perdu dans sa prairie, c’était tout bonnement formidable ! Bêcher… Creuser… Labourer… Planter… Plus belle que ça, la vie n’était pas possible…
Un jour pourtant, qu’il était bien justement en train de s’acharner sur son lopin de terre avec son vieil arbre tordu au milieu, Élisée reçut enfin l’appel… Il entendit enfin la voix de Dieu,
celle qu’il avait attendue toute sa vie… Il l’imaginait douce, suave, il la voyait flotter dans l’air, dans le vent, et au final, elle s’était révélée à lui et lui avait annoncé :
« Vous
allez être mis en relation avec Dieu, merci de bien vouloir patienter quelques instants… Vous allez être mis en relation avec Dieu… Merci de bien vouloir patienter quelques instants… Vous allez
être mis en relation avec Dieu… Merci de bien…
Ouais, allô ! C’est Dieu ! Dis-moi, Elisée, tu n’aurais rien de spécial à faire, dans les quelques prochaines années ? Non, parce que j’ai cru comprendre que ça te brancherait
bien, de faire le prophète… Si tu veux, je te refile quelques pouvoirs, et on y va, je n’attends que ton feu vert ! »
Élisée était tout excité ! Enfin il allait pouvoir être reconnu, dans la rue ! Enfin il pourrait avoir des drôles de visions que personnes ne serait capable d’interpréter ! Enfin,
lui-aussi, il pourrait raconter à toute la populace que le sauveur naîtrait d’une femme encore vierge au milieu d'un troupeau de moutons qui puent ! C’était jubilatoire !
Dans son champ, Elisée n’en
pouvait plus de remercier Dieu ! Il se répandait en louange, s’agenouillait pour le vénérer puis se relevait encore afin de remercier le Tout Puissant… Élisée sautait de joie, faisait des
bonds, exultait… Sauf qu’à force de sauter de joie, ce couillon d'Élisée ne vit pas le trou qu’il venait tout juste de creuser et… ce qui devait arriver arriva, dans le trou, Élisée s’affala, se
cassant une jambe et se luxant un tibia. 9 mois d’hosto, alors qu’Élisée, de tout cela, n’avait rien calculé… « C’est encore un boulot de merde ! » S’était alors écrié notre
saint du jour, se jurant, mais un peu tard, qu’il aurait mieux fait de rester à labourer !
Alors… A chaque Élisée qui lit ces quelques lignes, qu’il attende désespérément d’entendre les paroles divines, qu’il se croit investi d’une certaine aura prophétique, ou qu’il considère que les
voies du Seigneur sont faites pour rester impénétrables, je n’ai qu’une chose à lui dire : Aujourd’hui, Élisée… Ca va être ta fête !

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Ferdinand… Saint Ferdinand… Saint Ferdinand III, le saint…
Aujourd’hui, mes amis, dans cette sainte chronique, menu royal ! Je dirais même plus… Menu royal de luxe, puisque saint Ferdinand, notre saint du jour, non content d’être saint, était en
plus roi ! Si, si ! Pas impératrice, roi, pas qu’à saint Louis, cette prérogative ! D'autant qu'il y a eu d’autres people à être rois et saints à la fois (Gontran, Clotilde,
Mathilde, Isabelle, on en reparlera ici prochainement), et c’est le cas de notre saint du jour, Ferdinand, roi de Castille et de Léon, ou tout du moins, de ce qui reste de chrétien en Espagne au
XIIIème siècle…
Je vous l'accorde, la vision que je viens de vous
exposer, c’est celle qu’ont tous les chrétiens au XIIIème siècle, alors que les Maures, au final, ils sont comme vous et moi ! Non, ils ne passent pas leur temps à pousser des cris de bête
comme s’ils étaient en pleine période de rut, non, ils ne se gargarisent pas de pseudo-conquêtes aussi fallacieuses que les seins d'Ophélie Winter, oui, ils font pipi et caca comme tout le monde,
comme le Pape aussi, oui, et même, ils se lavent les mains après ! En gros, ils sont tout comme nous, si ce n’est la couleur, la langue… et bien sûr la religion…
Beau projet qu’a là Ferdinand, mais pour la réalisation, c’est un
peu plus compliqué, parce que depuis 8 siècles, les Maures, ils ont tout squatté, c’est un peu comme s’ils étaient chez eux, au final. Ils sont passé des tentes de camping à des habitations un
peu plus en dur, du réchaud à gaz à la cuisinière équipée, des sanibroyeurs au tout à l’égout, du poste de radio à la télé câble et satellite ! Ils en sont bien à la 27ème génération
présente sur le territoire, mais qu’à cela ne tienne, Ferdinand veut les combattre !
C’est une vraie croisade qu’entame alors Ferdinand… Jamais il
ne veut prendre de repos, il y aura toujours des étrangers à expulser… Oui, mes amis, expulsons tous en choeur ! Oui, chers hidalgos, reconquérons notre doux pays ! En un mot, oui,
l’Espagne, aimez-la, ou bien quittez-la ! Devant ce slogan fort original, Ferdinand ne se sent plus pisser ! Chaque jour, il voit ses armées casser du Maure et l’éjecter par les
fenêtres du royaume, chaque jour, ce sont des dizaines et des centaines d’étrangers qui se font virer ! Ferdinand exulte, Ferdinand est ravi, Ferdinand saute de joie, Ferdinand est tellement
heureux qu’il en finit même par éjaculer dans le fin fond de son pantalon !
C’est donc le slip souillé que Ferdinand finit sa vie et monte au
Paradis, après avoir combattu les Maures toute sa vie ! A sa mort, l’invasion musulmane ne se limite plus qu’aux enclaves de Cordoue et de Séville, et l’Espagne a presque entièrement
retrouvé sa liberté. La biographie de saint Ferdinand s’édite alors à pleines brassées, fait des émules, puis finit par être oubliée, la doctrine de Ferdinand commençant à être moralement
dépassée… Encore que, il y a quelques années, elle a encore pu bercer les enfances respectives des petits Jean-Marie, Marine, Philippe, Charles, Brice ou encore Nicolas...
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