Présentation

  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du momentSaint Elisée, fêté le 14 Juin.  
La Date du moment : Le 1er juillet 1766, L'exécution du Chevalier de la Barre.   undefined
Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.  
Le Billet du momentRimaillage n°1, Scène de Taverne...  
Les 10 du moment10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines dents... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires
... [Tout sur l'auteur, ici]

Jeudi 19 juin 2008


Depuis quelques temps, l'amie Nymphea propose sur son blog de créer des rimailles, en fonction du tableau ou de l'image qu'elle choisit. Voici la première de mes participations, en alexandrins, ainsi que l'objet du délit :

 

 


Scène de taverne :

L'homme :
 
"Prendre une pipe en sa main et sourire à sa grosse,
L'observer tituber et s'affaler à table,
C'est un bien que je ne donnerais en négoce,
Ni à un tavernier, ni à un homme affable !

Je la vois s'écrouler et ronfler comme une truie,
Ils m'en viennent alors de drôl' de sentiments,
Je me lève, je dézippe, je caresse ma mie,
Bientôt grosse pochtronne, tu deviendras maman...

Alors sourie, Béate, et reprends donc un verre,
Ce n'est qu'un tout petit moment à supporter,
Je suis vif et rapide, mais point ne te révère,
C'est ton cul, ma mignonne, que je vais honorer !"


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : Adoptez un mot!
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Mercredi 21 mai 2008


Hagard... Vitreux... Nauséeux... Des heures et des jours... Des nuits sans sommeil, agité, angoissé... Se demandant toujours quand ? Pourquoi ? Et traînant inlassablement, le ventre noué, l'estomac retourné. Ca fait trois semaines... Trois semaines de vide... Trois semaines de désert... Trois semaines d'oubli... Pourquoi suis-je ainsi délaissé ? Pourquoi m'a-t-on abandonné ? Quelqu'un m'en veut-il vraiment ? Je suis en manque et je le sais... J'ai besoin de ma dose et je hurle... Je ne suis pas sevré, je suis plus que stressé...

Depuis trois semaines, j'ai changé de ville, changé de vie, changé d'horizon, laissant là quelques cartons, emportant ailleurs ce qui composait ma maison. Les plantes ont été ramassées, les livres se sont empilés, les disques se sont assemblés, la télé, le frigo, la radio, tout est parti, tout, même l'ordinateur. Mais la connexion... Cette divine connexion à la toile, aux réseaux bouillonnants des envies passagères, me laisse m'en aller, ne souhaitant m'accompagner...

Je l'avais pourtant regardé, dans mon ancien chez moi, je lui avais tendu la main et proposé de venir, mais elle n'avait voulu, ses numéros devant rester régionaux. Je ne la dérangeais pas, m'avait-elle signifié, elle s'était même habitué à ma présence... Elle aimait m'apporter une ouverture sur le monde, des éclaircissements insoupçonnés ou encore de nouvelles amitiés, mais elle était sous la coupe d'un indicatif bien précis, alors je devais la laisser.

J'étais triste, j'avais envie de pleurer tant je m'étais attaché à elle... Que de moments avions-nous connu ensemble ! Que de joies ! Que de peines ! Que de cheveux et de sourires arrachés ! C'était le bon temps et je ne l'avais vu filer...

La tête dans mes cartons, j'ai tout fait pour ne pas penser à mon ancienne connexion. Résolument, je me tournais vers l'avenir, essayant de la remplacer, essayant de nouer une nouvelle amitié, mais rien ne venait. Jamais mon ordinateur n'accrochait un réseau, jamais la toile ne voulait l'épingler, il restait de côté, et moi, je sentais le manque me gagner...

Ca avait commencé doucement... Tout d'abord, des démangeaisons, des envies passagères... Décrocher le téléphone en quête de la tonalité, tenter de s'élancer sur la toile mais très vite se retrouver bloqué, et tourner en rond... Tourner en rond en attendant ce moment fatidique qui enfin vous donnerait votre accès... Attendre... Ne faire qu'attendre...

Mais au bout d'un moment, l'attente est trop longue, le manque est prégnant et les besoins naturels se font sentir... L'homme délaissé, ce moi dont on ne peut plus parler qu'à la troisième personne du singulier, cet être moderne et d'habitude avenant se recroqueville sur lui-même, se perd dans ses pensées, s'énerve pour un rien et fait sa crise...

« Où est ma dose ??? » s'écrie-t-il en faisant des lambeaux de sa chemise immaculée... « Qui me veut du mal ??? » Eructe-t-il aussi, recherchant le complot... L'homme moderne est en manque, il perd ses repères, délire, et s'injecte les yeux de sang, il n'est plus contrôlable. Alors il sort dans la rue, redécouvre cet univers familier qui pourtant l'interpelle... Où est passée la virtualité ? Comment peut-on réellement vivre dans un monde physique ? Où sont donc les émoticônes et le langage abrégé ? L'homme en manque ne sait plus s'exprimer, il est perdu...

C'est ainsi qu'à mon image lors de ces dernières semaines, il erre, se balance d'un trottoir à l'autre, cherchant l'occupation, cherchant l'inspiration, la sortie du tunnel. Il n'ose plus regarder ses vecteurs de communicabilité, il ne veut plus être déçu, il ne veut plus nourrir d'espoirs vains et d'illusions perdues... Il s'accroche à ses souvenirs et se paye un cyber deux fois par semaine, la métadone du bloggeur en mal d'accessibilité.

Un jour enfin, le calvaire prend fin. Un bouton s'allume, un téléphone s'anime, l'homme en manque et délaissé ne réalise pas... Le voyant clignote, appelle, interpelle l'oeil vitreux, se fait insistant et l'intéressé comprend enfin... La vie revient, l'écran s'allume. A mesure que l'ordinateur reprend des couleurs, le visage de l'homme en manque s'anime, s'illumine de cet espoir retrouvé, de cette chaîne qu'à nouveau il passe à son poignet, et de ces heures qu'il va pouvoir dépenser, sans compter.

A présent, l'homme en manque est redevenu l'homme, tout simplement. Dans ses nouveaux appartements, il a retrouvé ce qu'il était, il s'est recalé dans les pas de ce qu'il avait quitté et laissé de côté... Trois semaines de sevrage mais pour lui, une éternité... Comme quoi, au final, l'homme moderne ne sait bien vivre qu'enchaîné, au boulet de sa connectivité.


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : La récréa - Bigornette
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Mardi 29 avril 2008

Rennes, Lyon, Marseille, Paris, Reims, Toulouse... Les noms font rêver quand on est adepte d'urbanité. Les voitures vocifèrent, les gaz d'échappement fendent l'air, les lumières brillent et scintillent, l'ambiance sonore s'égaie dans des décibels assumés et le bruit s'engouffre, il envahit l'être, le pénètre et transpire de lui dans une conjonction diabolique d'odeurs et de sons. Le citadin aime l'agitation, le mouvement, le danger, la ferveur et la fureur... Il craint le calme et la tranquillité, la couleur d'un ciel étoilé un soir de pleine lune, les petits oiseaux qui chantent et surtout l'air pur... Ca le rend nauséeux.

Alors, quand le citadin s'échappe de son havre de paix et d'amour de la maladie mortelle patente et sous-jacente, quand il découvre un monde à sa portée mais auquel il ne voulait songer, quand il comprend qu'on peut vivre dans un ailleurs qui ne lui ressemble en rien, il gamberge, il s'interroge, se questionne et se creuse la cervelle, il se déplace, veut se rendre compte de ses propres mirettes, puis il aligne, il conspue, il crache et retourne dans son canapé, pour peu qu'il en ait réellement bougé.

Le citadin exècre la campagne quand elle sort des cartes postales, il se complaît à ridiculiser son petit nom, sa densité, sa population et les bars qu'elle fréquente, tandis qu'il s'étonne allègrement du fait que chez les ruraux, oui madame, on connaît l'électricité, qu'on a même la télé, et que bien souvent, on l'éteint pour vaquer à des occupations certainement plus passionnantes...

Car vivre dans une commune rurale, c'est une expérience unique, un plaisir certain, un enrichissement inaltérable ! Vivre dans une commune rurale, c'est connaître le chant du coq, le glas des églises, l'entraide et la solidarité, le voisinage investi dans votre vie, le facteur et ses étrennes, l'idiot du village et l'épicerie-dépôt-de-pain-tabac-chaussure-pmu-agence-de-voyage-relais-caf-voyante-podologue dont l'ouverture hebdomadaire sait attirer les foules...

La ruralité est très certainement une expérience fascinante : Pas de voitures qui hurlent à la mort, pas de néons qui clignotent à longueur de nuitée, pas de demoiselles qui arpentent les trottoirs, légèrement vêtues ; juste les tracteurs, les vaches et les coquelicots. Les ruraux vivent simplement, ils n'ont pas besoin de toutes ces choses de la ville, de ce côté bling-bling qui remplit l'existence des joyeux urbains... Ils sont de la France d'En Bas et ils l'assument, ils se mouchent dans des carrés de tissu, ils déjeunent à la grande cuiller, ils font du potage même en été et reconvertissent leurs étables en chambres d'hôte... Ils sont heureux, tout simplement.


Alors toi, lecteur assidu de charmant blog à éphémérides, toi, le fanatique de la vie en cité, prends ma main et viens ! Viens découvrir la campagne, la vraie, ses champs et ses blés ! Viens t'ébaudir entre les vaches et les lapins, sauter guillerettement, d'une fleur à une autre, sans souci du temps qui passe ! La ruralité est à ta portée, il ne te suffit que de la saisir ! Car moi, je t'invite, qu'il s'agisse de Torcé-les-Bouses, de Vélampouille-sous-Belon, de Mirmide-le-Noyau ou de Piscafaille-la-Bataille ! Je veux que tu me rejoignes et que tu découvres, enfin, ce qu'est le plaisir de vivre en toute ruralité...

Le matin, aux aurores, tu pourras t'éveiller, sortir de ta maison de pierre fendue du toit au plancher et revêtir ta tenue de Cathy la petite fermière ! Armé de ton seau en fer, tu pourras t'approcher d'Hortense, la vache à pois blancs, à qui tu pétriras le pis d'avant en arrière pour en faire sortir son divin nectar ! Puis tu t'occuperas des poules et des canards, des cochons et des moutons, de la grand-mère et des dindons, sans oublier de porter tes oeufs au commerce du village, afin de les troquer contre des denrées de première nécessité...


Ces travaux effectués, tu pourras alors profiter pleinement de ton insertion rurale et joyeuse... Je t'emmènerai voir les arbres, visiter les clairières, te baigner aux fontaines, puis, tous deux, nous pourrons courir, nus et chantants, d'une fleur à l'autre, d'une abeille à l'autre, d'un bosquet à l'autre, saluant Bambi et sa mère décédée, les papillons multicolores, les éléphants au vol en rase-motte et les diptères flatulant au vent !


Nous nous égaierons devant le terrier de ce petit lapin bleu aux oreilles rougeoyantes, qui aime à courir dans la forêt ! Nous irons à la chasse à la morue des mares, armés du harpon ancestral que mon père m'a transmis à la suite de son père et du père de celui-ci ! Puis, nous cuisinerons, dans les bois, dans les prés, les vallons et les vallées que nous dévalerons à toute volée sans même se soucier du regard derrière la fenêtre d'en face, parce qu'à la campagne, il n'y a jamais de fenêtre en face !!!

 


Les vieux nous salueront de leurs galures levées, les vieilles s'amuseront de nos envies passagères, quant aux gosses, ils nous rejoindront dans nos combats de bouses de vaches au principe très simple : trouver une bouse de vache, la plus belle possible, la prendre en main, la peser, la jauger, la juger, puis faire avec un mouvement de balancier afin de la propulser loin, très loin, et de préférence à la figure de son partenaire de jeu...

Que d'expériences, dans la ruralité, que de choses qu'on ne peut apprendre en restant face à un DVD ! Laisse donc tomber ton canapé poussiéreux, ami lecteur, et viens goûter enfin à la joie pure et simple, au bonheur sans fioriture, à la cambrousse, pour franchement parler !


Quant à moi, je t'attends, bouteilles à la main et drôles de cigarettes aux lèvres... J'ai la recette, je la connais, je sais les méthodes pour te faire découvrir les vraies joies de la ruralité ! Je te guiderai, te dirigerai et t'apprendrai l'essentiel ! Grâce à moi, d'accord, tu seras peut-être raide dingue défoncé, mais je te l'assure, il n'y a bien que comme ça, qu'on peut vraiment apprécier de vivre dans la ruralité.


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par Ephemeridiae publié dans : Billets et diatribes communauté : Les mots dans tous leurs états
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