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  • : Les éphémérides de Nicolas Gautier
  • : 06/09/2007
  • : L'objet de ce blog est de constituer un recueil de récits décalés suivant les éphémérides quotidiennes ou les envies du moment, à l'image de l'almanach du postier. Qu'il s'agisse de la vie rêvée du saint du jour, d'un retour rapide sur un évènement particulier ou de toute autre diatribe passagère, l'envie est de s'accomoder de la réalité et de la raconter en comblant vides, manques et autres doutes, le tout en histoires!
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Bienvenue sur Ephemeridiae

Ephemeridiae, c'est l'espace sur lequel, pour chaque journée du calendrier, vous pouvez découvrir une histoire, une éphéméride du jour, suivant les concepts présentés dans le menu de gauche...

Le Saint Patron du momentSaint Elisée, fêté le 14 Juin.  
La Date du moment : Le 1er juillet 1766, L'exécution du Chevalier de la Barre.   undefined
Le Mythe du moment : Bloody Mary, mythologie urbaine.  
Le Billet du momentRimaillage n°1, Scène de Taverne...  
Les 10 du moment10 bonnes raisons de mordre un pitbull à pleines dents... 

Sans oublier le feuilleton d'Ephemeridiae, "Georges", à présent complet ! Bonnes lectures, et n'hésitez pas à laisser vos commentaires
... [Tout sur l'auteur, ici]

Mercredi 25 juin 2008


Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des légendes urbaines, en quête d'un être sanguinolent et angoissant pour nombre de générations successives ; à la rencontre d'une femme toute aussi terrifiante que meurtrière ; au contact d'un personnage qu'il vaut mieux ne pas appeler et laisser de l'autre côté du miroir ; puisqu'aujourd'hui, dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir de Bloody Mary.

Entité à la particularité de ne se pointer que quand elle y est conviée, Bloody Mary a pour habitude cocasse de toujours vouloir saloper la journée de celui ou celle qui l'appelle. Armée de sa vodka-tomate et de ses quelques expressions guillerettes autant que mortelles, elle vous traque et vous pourchasse à travers toute la maison, elle élance ses mains vers votre cou et ne souhaite vous laisser de repos que celui qui, grâce à elle, devient éternel. Ainsi, de la salle de bain à la chambre à coucher, elle accomplit sa besogne, proprement, efficacement, puis vous laisse baigner dans votre jus, mais après tout, vous n'aviez qu'à pas l'appeler...

Car Bloody Mary s'appelle, c'est un fait. Cette jeune femme, peut-être une sorcière brûlée vive jadis ayant maudit son nom, peut-être une femme morte dans un accident de voiture, ou peut-être encore autre chose, cette jeune femme, donc, a pour habitude de vivre dans les miroirs afin de se venger de ceux qui l'ont tuée, elle ou son enfant, ainsi que tous ses descendants... Le problème, c'est que comme Bloody Mary n'est pas forcément très douée en matière de généalogie, elle s'attaque à tout le monde, comme ça elle est sure de ne pas se tromper, ou tout du moins pas trop. Par contre, elle ne frappe pas au hasard, elle ne s'attaque qu'à ceux qui l'appellent...

Alors bien évidemment, amis lecteurs, ne croyez pas que sur Ephemeridiae – le très sympathique blog à éphémérides – j'aille vous apprendre comment appeler Bloody Mary... Il est hors de question que je vous enseigne la meilleure manière d'appeler cet être démoniaque, il est inconcevable que par moi, vous vous essayiez aux matières occultes, ne cherchez même pas à me convaincre, je ne vous aiderai en rien... Je ne veux pas vous trouver, demain matin, baignant dans votre sang, égorgés par Bloody Mary, les tripes à l'air, avec des flopées de mouches en train de voler au-dessus de vos entrailles dépecées et un petit lapin bleu qui vous regarde avidement ! J'ai bien trop besoin de visites régulières sur ce blog, pour mes statistiques, et je ne peux en rien me permettre de perdre un lecteur... En plus, ces temps-ci, j'ai l'estomac un peu fragile...

Ainsi, je ne vous dirai pas que le meilleur endroit pour appeler Bloody Mary, notre être démoniaque du jour, c'est la salle de bain ; et je ne vous dirai pas non plus qu'il faudra vous placer devant un grand miroir, dans le noir, avec juste deux bougies allumées, une de chaque côté du dit miroir. Je m'abstiendrai aussi de vous expliquer comment bien fixer le miroir, de manière très attentive et droit dans les yeux de votre réflexion, et j'éviterai de vous dire de prononcer le nom de Bloody Mary à ce moment très précis, en tournant sur vous-même et de plus en plus fort, jusqu'à dire treize fois le nom de la dame, toujours en fixant votre réflexion.

Vous ne pourrez alors vous rendre compte que la réflexion en question sera devenue celle de Bloody Mary version Vierge sanglante qui tentera, très certainement, de vous arracher entrailles et viscères en plongeant vers vous dans une attaque calculée et complètement intéressée. Je préfère penser à votre bien-être, lectorat aimé, et pour ça, je pense que vous pouvez m'en remercier...

D'ailleurs, je me demande bien pourquoi les gens s'amusent toujours à appeler Bloody Mary... Après tout, tout le monde sait bien que quand elle vient, c'est pour tuer... Alors pourquoi donc s'amuser à faire le guignol dans une salle de bain face à un miroir en prononçant des trucs bizarres, quand on peut faire des choses aussi constructives que du macramé, de la promenade de pitbull, de la chasse aux oeufs de gnous ou du génocide de schtroumpfs ? Pourquoi tenter le Diable et sa diablesse juste pour se tenir les côtes et vérifier que les légendes sont fondées ou non ? Laissez donc la pauvre Bloody Mary cuver sa vodka en paix ! Laissez la faire ses petites emplettes, quand les soldes commencent ! Laissez la voyager, prendre du bon temps et s'égayer sur des jeux de réflexion ! En un mot, laissez la vivre sa mort pépère ou ne vous étonnez pas de vous faire trucider alors que vous prononcez son nom en sautillant guillerettement devant votre reflet !

C'est dingue, ça, il faut toujours apprendre aux gens comment bien se comporter en société et face aux êtres obscurs et sanglants... Ca devrait venir de soi : Bloody Mary ne s'appelle pas, elle se boit. Ainsi, mes amis, je vous propose de lever votre verre en l'honneur de Bloody Mary et de son nom que... oups... je viens juste de citer treize fois dans ce texte... Et pour que son histoire survive à jamais, à mi-ton... Mythons.


Voir l'histoire de Shiva
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par Ephemeridiae publié dans : Causerie Mythique communauté : La récréa - Bigornette
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Mercredi 11 juin 2008


Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des peuplades indiennes, à la rencontre d'un dieu important et ô combien adoré du panthéon local ; à la découverte d'un personnage aussi terrifiant qu'il peut être créateur ; au contact d'un être à la physionomie somme toute originale ; puisqu'aujourd'hui, dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir de Shiva...

Shiva, dieu de la destruction en vue de la création d'un monde nouveau, est ce qu'on appelle communément un être qu'il vaut mieux prendre avec des pincettes et ne point titiller. Quand on le regarde, comme ça, de loin, à travers ses différentes représentations, il est vrai qu'il paraît plutôt calme et reposé, comme dieu, mais sachez, amis lecteurs, que dans la réalité, Shiva est beaucoup moins zen ! On le qualifie même, dans les allées du panthéon indien, comme quelqu'un de plutôt rancunier, voire vengeur...

Mais le pire n'est pas là... Car un être vengeur qui s'attaque à vous sans motif apparent ou pour une ire quelconque, après tout, on a l'habitude ; le problème, c'est surtout que Shiva, pour se venger, est doté de 4 bras et 3 yeux, ce qui, vous vous en doutez aisément, rend ses colères quelques peu plus frappantes...

4 bras et 3 yeux... Ca fait rêver, non ? Imaginez tout ce que, à l'image de Shiva, nous pourrions tous faire, avec 4 bras et 3 yeux... Beaucoup de petites choses de la vie quotidienne seraient bien plus aisées... Faire la cuisine tout en jouant aux cartes en buvant une bière... Porter les cartons deux fois plus vite... Compter plus facilement jusque 20... Taper ce texte tout en me flattant guillerettement l'appendice nasal... Que d'avantages à naître affublé de quatre bras !!! Quant aux trois yeux, sachant que Shiva utilise son oeil central pour détruire par un rayon foudroyant tous ceux qui viennent l'importuner quand il lit une BD ou mange des cacahuètes, quelles utilités pourrions-nous faire de trois yeux !!!

Avec le rayon du troisième oeil, on pourrait... Griller des saucisses... Faire cuire un oeuf... Allumer un feu en plein milieu d'une île déserte pour signifier sa présence aux secours... Mettre en marche le barbecue... Enflammer le Stade de France... Décongeler le gigot pour le repas dominical... Ou encore...

Mettons, par exemple, qu'un huissier, voire un contrôleur des impôts, vienne à frapper à votre porte un petit matin, pour une bête histoire d'impayés et de saisie de mobilier... Vous, très urbainement, pourriez, de vos quatre bras, accueillir l'honorable agent comme il se doit, en le défaisant de ses quelques petites affaires, tout en vérouillant de manière très discrète et précise, les différentes serrures de votre porte d'entrée. D'un sourire gracieux, vous pourriez le faire passer dans votre salon, lui donner une mandale, une deuxième, une troisième et une quatrième, puis lui lancer à une vitesse folle tous les objets que vous trouveriez sur votre passage... Vous le verriez fuir, le rattraperiez... D'une main, vous le prendriez par les cheveux, votre deuxième se positionnerait sous sa gorge, tandis que les deux autres le maintiendraient en respect et à votre merci, par les aisselles...

L'honorable agent serait alors terrifié, il suerait, transpirerait, quémanderait votre clémence, mais vous, vous vous montreriez implacable et vengeur... De la force de vos quatre bras simultanés, vous le propulseriez loin dans la pièce et profiteriez de sa demi-inconscience pour ouvrir votre troisième oeil et le faire rôtir sur place, au point de ne plus laisser de lui qu'un petit tas de cendres encore chaudes... Ne vous resterait plus alors qu'à nettoyer votre chez-vous afin de ne plus laisser la moindre trace de votre forfait ; et il n'y a pas à dire, quatre bras, pour faire le ménage, c'est quand même plus pratique...

Ainsi, Shiva, s'il ne le savait pas encore, a quand même bien de la chance, d'être affublé de quatre bras et de trois yeux, qu'importent, d'ailleurs, les quolibets que ses copains de classes ont pu lui infliger durant son enfance... D'autant plus qu'à la même époque, Ganesh subissait des railleries bien plus lourdes... Alors, mes amis, je vous propose de lever notre verre en l'honneur de Shiva, de ses trois yeux et de ses quatre bras, et pour que son histoire survive à jamais, à mi-ton... Mythons.


Voir l'histoire du Yéti
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par Ephemeridiae publié dans : Causerie Mythique communauté : La récréa - Bigornette
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Lundi 2 juin 2008


Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des légendes népalaises, à la recherche d'un être mondialement connu mais qui n'a jamais pu être rencontré ; à la découverte d'un personnage hors norme, de par son gabarit autant que par ses habitudes de vie ; au contact d'une bête à poils aussi fraîche qu'indépendante ; puisqu'aujourd'hui, dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir du Yéti...

Être surnaturel et plutôt attachant, tout du moins en apparence, le Yéti a longtemps suscité les convoitises autant que les obsessions, chaque expédition ayant pour objet de le dégoter et de le traîner par le fond du caleçon dans un cabinet de curiosités pour le montrer aux bourgeoises en chapeau à plume, se soldant invariablement par un échec. Jamais les explorateurs n'arrivaient à débusquer la bête, jamais ils n'arrivaient à suivre la bonne piste, tout au plus, ils trouvaient une empreinte de pas sur laquelle ils se donnaient le loisir de gamberger pendant quelques lustres voire plus. Leur trophée en main, ils rentraient ainsi chez eux la tête pleine d'hypothèses, tandis que le Yéti, non découvert, pouvait continuer sa petite vie pépère...

Car le Yéti a toujours été un être doué d'une extrême timidité, chose surprenante au premier abord, il est vrai, mais qu'il est important de souligner pour la suite de ce commentaire sur l'Abominable Homme des Neiges. D'ailleurs, si personne n'a jamais été en mesure de le regarder dans le blanc des yeux, c'est surtout parce que le Yéti n'osait pas se montrer, il avait peur qu'on le voit, en un mot, il avait les foies !

Le Yéti, cette petite bête solitaire, avait peur qu'on le moque, qu'on le conspue, qu'on le critique... Des poils trop longs... Des grands pieds... Des kilomètres de bras et de jambes... C'était plus que le Yéti ne pouvait en supporter, alors il passait son temps à se cacher. Dès qu'il voyait un explorateur lancé à sa recherche, dès qu'il apercevait ne fut-ce même que l'ombre d'un filet à papillon, il détalait, s'enfonçait dans la neige et tentait de se rendre invisible, il ne voulait en rien être débusqué.


Un jour, tout de même, le Yéti parvint à surpasser sa timidité. En fait, c'était surtout que ce jour-là, il avait face à lui un truc qui l'intriguait... C'était bizarre, ça ressemblait un peu à ces êtres qui passaient leur temps à le traquer, mais en format plus petit, avec une bien drôle de manière d'arranger ses poils sur le sommet de sa tête... La chose semblait fragile, innocente, frigorifiée, elle ne bougeait pas, c'était comme si la vie était en train de la quitter... Le Yéti s'était approché d'elle, avait vérifié qu'aucun des congénères du petit être n'était dans les parages, avait saisi la forme pour la porter à son épaule, et l'avait ramenée dans son antre, sans faire de bruit pour la réveiller, sans faire de faux mouvement pour l'effrayer.

Chez le Yéti, si le logement était spartiate, il n'en était pas moins accueillant. L'Abominable Homme des Neiges avait ainsi délicatement posé la petite sur un tas de poils tombés qu'il avait ramassé dans son logis, l'avait recouverte de la peau de son repas de la veille et s'était occupé d'elle, tentant au mieux de redonner un semblant de vie à la petite chose.

Au bout de quelques jours, l'enfant s'était enfin éveillé, avait regardé le Yéti mais n'avait pas crié, pas hurlé, pas même eu un hochement de surprise. Il ne lui faisait pas peur, il ne lui faisait pas horreur, tout au plus, il l'intriguait. Et surtout, il y avait cette grosse fourrure blanche et certainement très chaude qui l'appelait, la jeune enfant avait besoin de tendresse, de chaleur, de réconfort, alors elle s'était jeté dans les bras du monstre, penaud et bien embêté par cet élan soudain du coeur...

Entre ces deux-là, il n'y avait pas eu besoin de mots ; un seul regard avait suffit, ils s'étaient compris. Pendant des semaines, des mois, même, ils vécurent ensemble et s'apprivoisèrent, sachant pertinemment que ça ne pourrait durer, qu'un jour, ils devraient se séparer... Mais ils ne voulaient y penser, ils ne voulaient y songer, leur esprit voulait rester ailleurs. Pourtant, chaque jour, les hommes gagnaient du terrain dans leur traque de la bête... Chaque jour, ils se faisaient plus pressant... Le Yéti voulait fuir, aller plus haut sur la montagne, sur des terres encore inexplorées, mais ce devait se faire à une température que la petite ne pouvait supporter.

Alors le Yéti et sa protégée durent se quitter, chacun du partir de son côté. Le jour de leur séparation, ni l'un, ni l'autre n'en menait large... Ils y étaient juste forcés, forcés par la vie, forcés par le destin, forcés par la température... Le coeur du Yéti était fendu, transpercé, brisé, au point qu'en grimpant sur les sommets, il se fit la promesse de ne plus jamais se laisser approcher par les hommes, il voulait être seul et ne pas vivre d'autres séparations...

Quant à la petite, elle retrouva les siens, mais de ses aventures avec le Yéti, jamais elle ne voulut parler. De par son silence, la bête devint une légende, un être impalpable et insaisissable, un mythe réel, vivant ou non, qu'il fait creuser, explorer, s'approprier et diffuser sans relâche. Alors mes amis, afin de prolonger cette tradition, je vous propose de lever votre verre en l'honneur du Yéti, et pour que sa mémoire survive à jamais, à mi-ton... Mythons.


Voir l'histoire de Prométhée
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par Ephemeridiae publié dans : Causerie Mythique communauté : Adoptez un mot!
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