Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis,
laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des légendes urbaines, en quête d'un être sanguinolent et angoissant pour nombre de générations successives ;
à la rencontre d'une femme toute aussi terrifiante que meurtrière ; au contact d'un personnage qu'il vaut mieux ne pas appeler et laisser de l'autre côté du miroir ; puisqu'aujourd'hui,
dans cette causerie mythique, nous allons nous entretenir de Bloody Mary.
Entité à la particularité de ne se pointer que quand elle y est conviée, Bloody Mary a pour habitude cocasse de toujours vouloir saloper la journée de celui ou celle qui l'appelle. Armée de sa
vodka-tomate et de ses quelques expressions guillerettes autant que mortelles, elle vous traque et vous pourchasse à travers toute la maison, elle élance ses mains vers votre cou et ne souhaite
vous laisser de repos que celui qui, grâce à elle, devient éternel. Ainsi, de la salle de bain à la chambre à coucher, elle accomplit sa besogne, proprement, efficacement, puis vous laisse
baigner dans votre jus, mais après tout, vous n'aviez qu'à pas l'appeler...
Car Bloody Mary s'appelle, c'est un fait. Cette jeune
femme, peut-être une sorcière brûlée vive jadis ayant maudit son nom, peut-être une femme morte dans un accident de voiture, ou peut-être encore autre chose, cette jeune femme, donc, a pour
habitude de vivre dans les miroirs afin de se venger de ceux qui l'ont tuée, elle ou son enfant, ainsi que tous ses descendants... Le problème, c'est que comme Bloody Mary n'est pas forcément
très douée en matière de généalogie, elle s'attaque à tout le monde, comme ça elle est sure de ne pas se tromper, ou tout du moins pas trop. Par contre, elle ne frappe pas au hasard, elle ne
s'attaque qu'à ceux qui l'appellent...
Alors bien évidemment, amis lecteurs, ne croyez pas que sur Ephemeridiae – le très sympathique blog à éphémérides – j'aille vous apprendre comment appeler Bloody Mary... Il est hors de question
que je vous enseigne la meilleure manière d'appeler cet être démoniaque, il est inconcevable que par moi, vous vous essayiez aux matières occultes, ne cherchez même pas à me convaincre, je ne
vous aiderai en rien... Je ne veux pas vous trouver, demain matin, baignant dans votre sang, égorgés par Bloody Mary, les tripes à l'air, avec des flopées de mouches en train de voler au-dessus
de vos entrailles dépecées et un petit lapin bleu qui vous regarde avidement ! J'ai bien trop besoin de visites régulières sur ce blog, pour mes statistiques, et je ne peux en rien me
permettre de perdre un lecteur... En plus, ces temps-ci, j'ai l'estomac un peu fragile...
Ainsi, je ne vous dirai pas que le meilleur endroit
pour appeler Bloody Mary, notre être démoniaque du jour, c'est la salle de bain ; et je ne vous dirai pas non plus qu'il faudra vous placer devant un grand miroir, dans le noir, avec juste
deux bougies allumées, une de chaque côté du dit miroir. Je m'abstiendrai aussi de vous expliquer comment bien fixer le miroir, de manière très attentive et droit dans les yeux de votre
réflexion, et j'éviterai de vous dire de prononcer le nom de Bloody Mary à ce moment très précis, en tournant sur vous-même et de plus en plus fort, jusqu'à dire treize fois le nom de la dame,
toujours en fixant votre réflexion.
Vous ne pourrez alors vous rendre compte que la réflexion en question sera devenue celle de Bloody Mary version Vierge sanglante qui tentera, très certainement, de vous arracher entrailles et
viscères en plongeant vers vous dans une attaque calculée et complètement intéressée. Je préfère penser à votre bien-être, lectorat aimé, et pour ça, je pense que vous pouvez m'en
remercier...
D'ailleurs, je me demande bien pourquoi les gens
s'amusent toujours à appeler Bloody Mary... Après tout, tout le monde sait bien que quand elle vient, c'est pour tuer... Alors pourquoi donc s'amuser à faire le guignol dans une salle de bain
face à un miroir en prononçant des trucs bizarres, quand on peut faire des choses aussi constructives que du macramé, de la promenade de pitbull, de la chasse aux oeufs de gnous ou du génocide de
schtroumpfs ? Pourquoi tenter le Diable et sa diablesse juste pour se tenir les côtes et vérifier que les légendes sont fondées ou non ? Laissez donc la pauvre Bloody Mary cuver sa
vodka en paix ! Laissez la faire ses petites emplettes, quand les soldes commencent ! Laissez la voyager, prendre du bon temps et s'égayer sur des jeux de réflexion ! En un mot,
laissez la vivre sa mort pépère ou ne vous étonnez pas de vous faire trucider alors que vous prononcez son nom en sautillant guillerettement devant votre reflet !
C'est dingue, ça, il faut toujours apprendre aux gens comment bien se comporter en société et face aux êtres obscurs et sanglants... Ca devrait venir de soi : Bloody Mary ne s'appelle pas,
elle se boit. Ainsi, mes amis, je vous propose de lever votre verre en l'honneur de Bloody Mary et de son nom que... oups... je viens juste de citer treize fois dans ce texte... Et pour que son
histoire survive à jamais, à mi-ton... Mythons.

Voir l'histoire de
Shiva
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Causerie mythique, causerie
mythologique, mes amis, laissons-nous dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des peuplades indiennes, à la rencontre d'un dieu important et ô combien adoré du panthéon
local ; à la découverte d'un personnage aussi terrifiant qu'il peut être créateur ; au contact d'un être à la physionomie somme toute originale ; puisqu'aujourd'hui, dans cette
causerie mythique, nous allons nous entretenir de Shiva...
Mais le pire n'est pas là...
Car un être vengeur qui s'attaque à vous sans motif apparent ou pour une ire quelconque, après tout, on a l'habitude ; le problème, c'est surtout que Shiva, pour se venger, est doté de 4
bras et 3 yeux, ce qui, vous vous en doutez aisément, rend ses colères quelques peu plus frappantes...
Avec le rayon du troisième
oeil, on pourrait... Griller des saucisses... Faire cuire un oeuf... Allumer un feu en plein milieu d'une île déserte pour signifier sa présence aux secours... Mettre en marche le barbecue...
Enflammer le Stade de France... Décongeler le gigot pour le repas dominical... Ou encore...
L'honorable agent serait
alors terrifié, il suerait, transpirerait, quémanderait votre clémence, mais vous, vous vous montreriez implacable et vengeur... De la force de vos quatre bras simultanés, vous le propulseriez
loin dans la pièce et profiteriez de sa demi-inconscience pour ouvrir votre troisième oeil et le faire rôtir sur place, au point de ne plus laisser de lui qu'un petit tas de cendres encore
chaudes... Ne vous resterait plus alors qu'à nettoyer votre chez-vous afin de ne plus laisser la moindre trace de votre forfait ; et il n'y a pas à dire, quatre bras, pour faire le ménage,
c'est quand même plus pratique...
Causerie mythique, causerie mythologique, mes amis, laissons-nous
dévorer par les mythes... Plongeons ainsi, tous ensemble, au coeur des légendes népalaises, à la recherche d'un être mondialement connu mais qui n'a jamais pu être rencontré ; à la
découverte d'un personnage hors norme, de par son gabarit autant que par ses habitudes de vie ; au contact d'une bête à poils aussi fraîche qu'indépendante ; puisqu'aujourd'hui, dans
cette causerie mythique, nous allons nous entretenir du Yéti...
Car le Yéti a toujours été un être doué d'une extrême timidité, chose
surprenante au premier abord, il est vrai, mais qu'il est important de souligner pour la suite de ce commentaire sur l'Abominable Homme des Neiges. D'ailleurs, si personne n'a jamais été en
mesure de le regarder dans le blanc des yeux, c'est surtout parce que le Yéti n'osait pas se montrer, il avait peur qu'on le voit, en un mot, il avait les foies !
Un jour, tout de même, le Yéti parvint à surpasser sa
timidité. En fait, c'était surtout que ce jour-là, il avait face à lui un truc qui l'intriguait... C'était bizarre, ça ressemblait un peu à ces êtres qui passaient leur temps à le traquer, mais
en format plus petit, avec une bien drôle de manière d'arranger ses poils sur le sommet de sa tête... La chose semblait fragile, innocente, frigorifiée, elle ne bougeait pas, c'était comme si la
vie était en train de la quitter... Le Yéti s'était approché d'elle, avait vérifié qu'aucun des congénères du petit être n'était dans les parages, avait saisi la forme pour la porter à son
épaule, et l'avait ramenée dans son antre, sans faire de bruit pour la réveiller, sans faire de faux mouvement pour l'effrayer.
Au bout de quelques jours, l'enfant s'était enfin éveillé, avait
regardé le Yéti mais n'avait pas crié, pas hurlé, pas même eu un hochement de surprise. Il ne lui faisait pas peur, il ne lui faisait pas horreur, tout au plus, il l'intriguait. Et surtout, il y
avait cette grosse fourrure blanche et certainement très chaude qui l'appelait, la jeune enfant avait besoin de tendresse, de chaleur, de réconfort, alors elle s'était jeté dans les bras du
monstre, penaud et bien embêté par cet élan soudain du coeur...
Alors le Yéti et sa protégée durent se quitter, chacun du partir de
son côté. Le jour de leur séparation, ni l'un, ni l'autre n'en menait large... Ils y étaient juste forcés, forcés par la vie, forcés par le destin, forcés par la température... Le coeur du Yéti
était fendu, transpercé, brisé, au point qu'en grimpant sur les sommets, il se fit la promesse de ne plus jamais se laisser approcher par les hommes, il voulait être seul et ne pas vivre d'autres
séparations...
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